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Femme enceinte heurtée mortellement: la crédibilité du médecin attaquée

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Archives/Agence QMI

Le médecin de Jonathan Falardeau-Laroche aurait eu intérêt à mentir et à «ajuster son récit» concernant la consultation qui a eu lieu le 10 août 2016, quelques minutes avant le drame qui a coûté la vie à Marie-Pier Gagné, une femme enceinte de 40 semaines fauchée sur le boulevard Laurier.

Dans le cadre des plaidoiries au procès de Jonathan Falardeau-Laroche, accusé de négligence criminelle causant la mort d’une femme enceinte, l’avocat de l’accusé s’est attaqué à la crédibilité du médecin traitant. Le Dr Michel Sylvain est un neurologue pour enfants qui a suivi Falardeau-Laroche pendant 13 ans.

Selon Me Simon Roy, le médecin a «menti, déformé la réalité et ajusté son récit. Pourquoi? Par peur ou par intérêt». Selon l’avocat, le Dr Sylvain a fait une «erreur médicale» lorsqu’il a prescrit un nouveau médicament à Falaradeau-Laroche, un mois avant le drame, «sur le coin d’une table» et sans consulter son rapport médical.

On pouvait lire dans ce rapport que le Cépra, le nouveau médicament, avait été inefficace dans le passé pour traiter les crises d’épilepsie du jeune homme. Le Dr Sylvain était donc inquiet des répercussions de cette erreur médicale sur sa carrière.

«Il avait toutes les raisons du monde de craindre une poursuite civile» de la famille de la victime ou de l’accusé, ou encore de craindre de faire l'objet d'une plainte au Conseil des médecins.

Ainsi le Dr Sylvain a-t-il «ajusté son récit», selon la défense, lorsqu’il a dicté son rapport de consultation le 10 août 2016, après avoir appris que son client était impliqué dans l’accident mortel devant le CHUL. Dans ce rapport, il dit avoir été «assez clair» sur le fait que Falardeau-Laroche ne pouvait pas conduire.

Pour Me Roy, il s’agit d’une «menterie».

«Insouciance téméraire et déréglée»

Au contraire, le procureur Thomas Jacques a dit au préalable que le témoignage du neurologue était «clair», «précis» et «détaillé». De plus, il a rappelé les témoignages d’anciens collègues qui avaient averti Falardeau-Laroche de ne pas conduire, en raison de ses «absences», pendant qu’il travaillait au garage de son père.

«Tu vas finir par tuer quelqu’un», lui a dit un collègue de l’époque quelques jours avant le drame. Pour Me Jacques, l’accusé a fait preuve d’une «insouciance téméraire et déréglée à l’égard de de la vie d’autrui».

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