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Feu vert à la taxe d'immatriculation supplémentaire de 50$

Elsa Iskander | 24 Heures

Les maires de la région de Montréal ont donné le feu vert jeudi matin à une taxe d'immatriculation supplémentaire de 50 $ pour les automobilistes des banlieues, un vote qui s’est fait presque à l’unanimité.

Seul le maire de Boucherville, Jean Martel, a voté contre la surtaxe qui contribuera au financement du transport collectif dans le Grand Montréal.

«On risque de braquer une partie de la population contre le transport en commun», a-t-il dit craindre.

Le reste des membres du conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), réunis en assemblée ordinaire, ont voté pour la surtaxe qui entrera en vigueur au plus tard en janvier 2021. Montréal, Laval, Longueuil, la Couronne Sud et la Couronne Nord de Montréal étaient représentés à la table.

Parmi les autres maires qui ont voté pour cette nouvelle taxe, notons entre autres ceux de Repentigny, Saint-Eustache, Mascouche, Boisbriand, Vaudreuil-Dorion, Varennes, Mont-Saint-Hilaire et Mercier.

«J'aurais vraiment souhaité qu'on puisse voter de façon unanime», a dit la mairesse de Montréal et présidente de la CMM, Valérie Plante.

Depuis 2011, l’île de Montréal impose déjà une taxation supplémentaire sur l’immatriculation des véhicules de promenade. En 2018, 35 millions $ ont été récoltés à Montréal via cette surtaxe. La CMM prévoit récolter environ 100 millions $ par an en l’appliquant aux 82 municipalités de la grande région métropolitaine.

Pas d’accord

Aux yeux du maire de Boucherville, cette décision est prématurée. «Je n’étais pas favorable à ce stade-ci d’aller de l’avant avec cette taxe-là. Je considère qu’on devrait explorer davantage le recours au Fonds vert», a-t-il donné en exemple au «24 Heures».

«Il y a quand même aussi un écho dans la population de gens qui ne sont pas d’accord avec cette approche-là», a souligné Jean Martel.

«Il y a des gens qui me disent: "moi, avec le type de travail que je fais, je ne pourrais jamais prendre le transport en commun. J’en paie déjà une bonne partie quand je fais mon rapport d’impôt, quand je fais le plein d’essence, avec le 30 $ sur les frais d’immatriculation"», a raconté l’élu.

«Il faut quand même mentionner que c’est une personne sur vingt-huit, alors c’est grandement majoritaire» comme décision, a commenté Valérie Plante au sujet de la dissension de M. Martel.

«Cette taxe-là, qui est somme toute petite, va venir soutenir le transport collectif, je suis heureuse que l’ensemble des municipalités disent: on embarque dans le train, on trouve des solutions.»

Le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, estime qu’étendre la surtaxe est «une façon de rendre les choses plus équitable», les automobilistes de l’île de Montréal y étant déjà soumis.

Taxe sur l’essence

En février dernier, un rapport de la CMM sur le financement du transport collectif suggérait de mettre les automobilistes davantage à contribution. Plusieurs options étaient soulevées, dont faire passer de 3 à 6 cents le litre la taxe sur l’essence.

«Pour l’instant, je ne peux pas vous dire si on va dans cette direction-là», a dit la mairesse à cet effet, rappelant qu’une panoplie de mesures figurait dans le rapport.

«On n’est tellement pas là. On y va étape par étape», a-t-elle ajouté.

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