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Il craint de devoir se départir de sa meute de chiens de traîneau

Kate Tremblay

 - Agence QMI

Un homme d'Albanel, une petite municipalité du nord du Lac-Saint-Jean, craint de devoir se départir de sa meute de chiens de traîneau s'il ne se trouve pas rapidement un assureur.

Le problème c'est qu'aucune compagnie ne veut assurer ses 21 chiens de race Husky.

«Je recueille les chiens délaissés par leur famille, explique Jason Lapointe. Je le fais volontairement parce que j'aime ça, parce que c'est ma passion. J'ai eu mon premier attelage à l'âge de 19 ans. Je ne suis pas un refuge, je ne reçois pas d'aide de nulle part, mais à ma façon, j'aide à ce que moins de chiens se retrouvent dans les refuges.»

Il a choisi de s'installer à Albanel sur un terrain éloigné du centre du village il y a deux ans, sans se douter qu'il contrevenait à un règlement de la Municipalité régionale de comté (MRC).

«Avant d'acheter en 2017, j'ai appelé la municipalité pour m'informer et vérifier si je pouvais m'installer à cet endroit. On m'a dit qu'il n'y avait pas de problème, que le zonage était correct.»

Le Jeannois de 36 ans a reçu trois constats d'infraction depuis qu'il a emménagé parce qu'il possède plus de deux chiens et qu'il n'a pas de permis de chenil.

«En m'informant pour avoir le permis de chenil, on m'a demandé une copie de mon assurance responsabilité, explique-t-il. J'ai dit que je n'en avais pas et c'est là que j'ai su que le règlement venait d'être modifié.»

Nouveau règlement

Le règlement modifié de la MRC stipule que le détenteur d'un permis de chenil doit obligatoirement avoir une assurance-responsabilité, mais il prétend que toutes les compagnies contactées ont refusé même s'il est prêt à débourser un important montant d'argent pour être en règle et surtout, garder ses chiens.

«Généralement, dès que les compagnies entendent le mot chien de traîneau c'est non, précise M. Lapointe. Les compagnies d'assurances ont resserré leurs critères d'admissibilité et j'ai l'impression que ceux qui étaient déjà assurés gardent leur droit acquis.»

Il refuse de se débarrasser de ses chiens même s'il est dans une impasse.

«Je m'entête à continuer à me battre parce que je les aime ces chiens-là, c'est ma famille, soutient-il. J'aimerais ça qu'on soit conciliant étant donné que je travaille fort pour trouver une solution. J'assume le fait d'avoir des chiens donc j'assume le fait d'avoir une assurance, mais je n'en trouve pas.»

Une première à Albanel

C'est la première fois que la municipalité est confrontée à une telle situation.

«On est surpris un peu de voir que c'est aussi difficile aujourd'hui de s'assurer, indique le directeur général de la municipalité, Réjean Hudon. Nous on ne peut pas aller à l'encontre de notre règlement. On serait discriminatoire en disant oui à un et non à un autre. Je ne garantis pas qu'on va trouver une solution, mais on y travaille fort.»

Le refuge animal de Roberval chargé d'appliquer la réglementation sur le territoire soutient M. Lapointe dans ses démarches, mais admet qu'il s'agit d'un dossier complexe.

«On lui transfère des données, on se parle régulièrement, explique l'agente au contrôle animalier, Christine Bouchard. Le but n'est pas de lui enlever ses chiens, loin de là, mais il faut faire respecter la loi et être juste avec tout le monde pour éviter que ça dégénère.»

Jason Lapointe a partagé son histoire sur les réseaux sociaux.

Il dit avoir reçu plusieurs témoignages d'autres propriétaires de meute de la province confrontés au même problème.

Il affirme se battre aussi pour les aider, mais s'il perd, il devra se résigner à déménager.

Il a mis sa maison en vente au cours des derniers jours, même s'il s'agit pour lui du dernier recours.