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Surdose accidentelle de fentanyl: la mère de la petite Alysse songe à engager des poursuites

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

 - Agence QMI

La mère de la petite Alysse, qui a reçu une dose beaucoup trop forte de fentanyl à deux mois alors qu'elle était à l'hôpital, songe à entamer des procédures judiciaires contre l'établissement.

TVA Nouvelles révélait mercredi que les autorités de la santé refusent d'admettre qu'une erreur a été commise après une surdose de fentanyl administrée par erreur à un poupon de 2 mois à l'Hôpital Fleurimont (CHUS) de Sherbrooke. Le Conseil de la protection des malades demande une enquête de l'Ordre des infirmières du Québec.

La dose de fentanyl qu'a reçue la petite Alysse était trois fois trop forte que nécessaire et aurait pu la tuer.

«Je ne veux pas que ça en reste là. Ce n'est pas une erreur anodine», a indiqué la fillette, Zabryna Delaney.

Alysse aura bientôt 8 mois et on ne sait pas encore si elle conservera des séquelles.

Les parents de l'enfant envisagent fortement de poursuivre l'hôpital. Ils ont d'ailleurs retenu les services d'une firme d'avocats de Québec.

Le président du Conseil de la protection des malades, Paul Brunet, recommande aux parents de déposer une plainte auprès de l'Ordre des infirmières du Québec.

«Il faut que l'ordre enquête, pas pour blâmer l'infirmière, mais pour avoir des réponses sur ce qui s'est passé. Les parents ont le droit de savoir», a dit M. Brunet.

Enquête interne

Pour l'avocat spécialiste en responsabilité médicale Jean-Pierre Ménard, les faits sont éloquents. «Même si l'hôpital dit n'importe quoi, il y a eu faute. Il y a eu manquement dans l'obligation de résultat», a indiqué Me Ménard.

L'enquête interne menée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie-CHUS recommande à la direction de rappeler au personnel l'importance d'appliquer les procédures.

«Appliquer les procédures, ça veut dire de vérifier avant d'administrer un médicament, la quantité qu'on donne, à qui on la donne, etc. C'est la base», a expliqué Me Ménard.

«Ça, ça veut dire qu'on ne l'a pas fait. Alors j'aimerais voir plus de transparence», a dit Paul Brunet.

Le syndicat qui représente l'infirmière qui a administré par erreur la surdose au poupon dénonce les conditions de travail.

«La pénurie de main-d'œuvre, la charge de travail, la vitesse d'exécution, ce sont tous des facteurs qui augmentent le risque qu'une erreur ou un événement malheureux survienne», a avancé Sophie Séguin, présidente de la FIQ-Estrie.

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