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Un fraudeur qui a brisé des rêves

Michael Nguyen - Le Journal de Montréal

Chantal Poirier - JDEM

Un fraudeur sans scrupules qui a brisé les rêves de familles voulant acheter une maison a supplié une juge de lui éviter la prison, même s’il continue de minimiser ses crimes.

« J’ai fait des erreurs, mais j’étais jeune, c’était involontaire... Je demande votre clémence, Madame la Juge, pardonnez-moi... », a imploré Michael Barchichat, jeudi au palais de justice de Montréal, juste après qu’une de ses victimes a déclaré qu’à cause de lui, elle a dû nourrir sa famille en allant dans des banques alimentaires.

Barchichat, 37 ans, était dans la vingtaine avancée lorsqu’il a soutiré 100 000 $ à sept personnes qui cherchaient à devenir propriétaires. Beau parleur, il gagnait la confiance de ses victimes en leur promettant de les aider à trouver du financement rapide à des taux raisonnables...

À condition qu’ils lui versent une mise de fonds.

Emploi et maladie

Et une fois l’argent encaissé, Barchichat disparaissait.

« L’achat de la maison était un rêve afin que je puisse la léguer à mes enfants plus tard, mais c’est devenu un cauchemar », a témoigné jeudi Juna Louisma, qui a perdu 70 000 $, soit toutes ses économies.

Son rêve envolé, la femme est tombée malade et a dû arrêter de travailler. Sans rentrée d’argent, ses enfants n’ont pas pu faire d’activités, et elle a même dû aller dans des banques alimentaires afin de nourrir sa famille.

« On a passé des moments atroces, je n’avais plus le goût de vivre, il nous a enlevé les plus belles années de notre vie », a déploré le mari de Mme Louisma, Jean Donat Marceau.

Une troisième victime a témoigné avoir cumulé deux emplois pendant des années, pour voir le labeur de son travail dérobé par Barchichat.

« C’était 5200 $, ça peut sembler peu, mais c’était les économies de nos vies, a expliqué cette victime en pleurant. Même si ça s’est passé il y a des années, la douleur est comme si c’était hier. Là, on attend la justice. »

Timides regrets

Barchichat a lui aussi pris la parole en s’excusant « pour les torts » causés. Il s’est ensuite dépeint comme une bonne personne, qui fait du bénévolat dans une synagogue et une association qui lutte contre le cancer.

*La juge Linda Despots a pris la cause en délibéré, et rendra la sentence en septembre.