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Une route qui date des années 1930

Éric Yvan Lemay | Journal de Montréal

La route 116 en Montérégie ressemble souvent à un champ de mines.

PIerre-Paul Poulin

La route 116 en Montérégie ressemble souvent à un champ de mines.

La route 116 entre l’autoroute 30 et le pont Jacques-Cartier est un véritable champ de mines depuis quelques mois. Pas surprenant quand on sait que des dalles de béton sous la chaussée ont été construites... il y a presque 90 ans !

Ce printemps, de nombreux automobilistes se sont plaints de ce tronçon. Plusieurs y ont même fait des crevaisons. Une situation qui se répète un peu partout sur la Rive-Sud de Montréal.

« Au mois d’avril, des véhicules avec une crevaison, on en avait jusqu’à une centaine par semaine. C’était cinq fois plus que d’habitude », dit Jean Marcotte, du Groupe Laberge remorquage.

Selon lui, le nombre de crevaisons a diminué depuis quelques semaines, après le colmatage de certains trous plus problématiques.

Sur la route 116, des tronçons demeurent tout de même très cahoteux. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) indique que cela est dû en partie au vieillissement de la dalle de béton sous la chaussée. Sur certaines sections, elle a été construite dans les années 1930.

Pas de travaux majeurs

« La présence d’une dalle de béton sous la couche d’enrobé bitumineux a limité la déformation de la chaussée, mais la fissuration qui s’est développée avec le vieillissement de la chaussée favorise l’apparition de nids-de-poule », a écrit Guillaume Paradis, conseiller expert pour la section métropolitaine au ministère.

À court terme, Québec n’a pas l’intention d’entreprendre des travaux majeurs pour refaire les fondations.

Sauf pour quelques endroits très localisés, la couche d’asphalte date de 19 à 21 ans. Dans les dernières années, le MTQ a refait la glissière entre les voies et l’éclairage, en plus d’asphalter cinq bretelles d’accès à l’autoroute 30.

Des travaux de resurfaçage (plus mineurs) sont prévus, mais ils ont été reportés à quelques reprises. Le MTQ a notamment décidé de prioriser d’autres travaux comme le pont de l’échangeur Charles-Le Moyne et l’asphaltage des autoroutes 20 et 132.

Dur pour les motocyclistes

La situation actuelle est difficile pour les automobilistes, mais elle est encore plus pénible pour les motocyclistes.

« Ça fait dur depuis un bout de temps. C’est sûr que ça peut provoquer un accident quand ta roue rentre là-dedans [nids-de-poule] », indique Yves Asselin, président de l’Association des motocyclistes de la Rive-Sud.

Selon lui, la solution est de garder une distance suffisante avec les autres véhicules pour voir à l’avance les trous dans la chaussée. Lors de randonnées en groupe, il a pris l’habitude de signaler les nids-de-poule en pointant avec la jambe du côté où ils se trouvent.

Découragé par les routes sur la Rive-Sud, il évite d’y rouler la plupart du temps. Il préfère certaines routes moins achalandées, et il choisit même parfois de se rendre au Vermont ou au New Hampshire, où la chaussée est en meilleur état.

Les travaux d’asphaltage sur la 116 doivent également être synchronisés avec les orientations en transport collectif de l’Agence régionale de transport métropolitain.