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Un prédateur sexuel délinquant à contrôler

Michaël Nguyen | Journal de Montréal 

Paul - stock.adobe.com

Un prédateur sexuel qui a enlevé une Montréalaise avant de la violer à répétition pendant 14 heures a non seulement été condamné à huit ans et demi de pénitencier, mais il a en plus reçu l’étiquette de «délinquant à contrôler».

«Il a utilisé un subterfuge en se faisant passer pour un policier... La victime n’avait aucune défense», a déploré le juge Denys Noël en condamnant Patrick Lévesque Paquette, vendredi, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Debout bien droit dans le box des accusés, le violeur de 28 ans n’a pas sourcillé lorsque le magistrat a fait le récit de ses crimes, survenus le 30 novembre 2015, et qui ont même fait l’objet d’un livre.

Ce jour-là, Lévesque Paquette avait donné rendez-vous à une jeune femme ciblée dans les petites annonces. Mais quand ils se sont rencontrés à Montréal, le violeur s’était fait passer pour un policier afin de la menotter, puis de la conduire à Saint-Hyacinthe dans le but de la violer.

«La victime a tenté de fuir, mais il l’a menacée, a expliqué le juge. Il l’a ensuite violée, en filmant le tout avec son ordinateur.»

Enfer de 14 heures

Mais une fois ses bas instincts assouvis, Lévesque Paquette n’a pas libéré la femme.

À la place, il l’a traînée jusque dans un motel, où il a continué à lui faire vivre un enfer pendant toute une nuit. Attachée, la femme n’avait aucun moyen de fuir.

La victime a été sauvée le lendemain presque par hasard lorsque le véhicule du violeur, qui la conduisait dans un autre lieu, a été intercepté par les policiers pour des amendes impayées.

«L’accusé a ensuite fait une déclaration incriminante où il dit que le viol faisait partie de sa liste de choses à faire», a expliqué le magistrat.

Remords

Détenu depuis son arrestation, Lévesque Paquette a rapidement plaidé coupable à 14 chefs, dont agression sexuelle et enlèvement. Et s’il se disait sans remords au début, il semble avoir cheminé dans les trois dernières années au point qu’il a récemment exprimé des regrets et de l’empathie pour sa victime.

Or, cette dernière est encore traumatisée par le drame qu’elle a subi, a rappelé le juge qui, en plus de la sentence, a ordonné que Lévesque Paquette soit déclaré délinquant à contrôler pour cinq ans, afin qu’il soit suivi de près par les services correctionnels une fois sa peine purgée.

Mais d’ici là, le violeur pourrait bien porter sa cause en appel. C’est qu’il y a quelques jours, son avocate, Mélissa Beaulieu-Lussier, avait déposé une demande d’arrêt des procédures en raison des trop longs délais entre le plaidoyer de culpabilité en 2016 et la sentence, vendredi.

Le juge a rejeté la requête du revers de la main, malgré les arguments «persuasifs» de la défense.