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Élections Canada débourse 325 000 $ à des «influenceurs» pour des contrats abandonnés

Agence QMI

ARCHIVES/SÉBASTIEN ST-JEAN/24H MONTREAL/AGENCE QMI

Élections Canada a versé environ 325 000 $ à treize «influenceurs» pour jouer un rôle principal dans une campagne visant à améliorer l'inscription des jeunes sur les listes électorales, mais qui a été abandonnée.

L'agence gouvernementale ne demandera pas de remboursement après que la campagne vidéo mettant en vedette ces influenceurs eut été brusquement abandonnée, craignant que certains d'entre eux n'aient été impliqués dans des activités pouvant être considérées comme partisanes.

«Les influenceurs ne seront pas invités à restituer l'argent, car ils ont rempli leurs obligations contractuelles», a déclaré un porte-parole de l'agence dans un courriel à «Global News».

«En vertu de leur contrat, les influenceurs participants étaient également tenus de s’abstenir de tout commentaire, déclaration ou activité partisane pendant la période du scrutin et durant l’année suivante.»

Jeudi, Global News avait déjà dévoilé qu'Élections Canada avait déjà payé les influenceurs malgré l'abandon d’une campagne vidéo de 13 capsules d’une valeur de 650 000 $ visant à encourager les jeunes, qui ont tendance à voter en plus petit nombre, à s'inscrire sur les listes en prévision des élections de l'automne.

Un porte-parole d’Élections Canada avait alors déclaré que «la plus grande partie de cet argent a déjà été dépensée», sans connaître la part du budget total alloué aux influenceurs controversés eux-mêmes.

Élections Canada n'a pas confirmé, en revanche, combien chaque influenceur a reçu. Si chacun avait reçu le même montant, les paiements auraient totalisé environ 25 000 $ par influenceur, mais l’agence affirme que les montants ne sont pas égaux, sans plus de commentaires.

Parmi les treize influenceurs figuraient entre autres le sprinteur olympique Andre De Grasse, la nageuse olympique Penny Oleksiak, la militante autochtone et modèle Ashley Callingbull et les YouTubers Lilly Singh et Mitch Hughes.

La vérification finale de certains des influenceurs a révélé des activités antérieures qui, selon Élections Canada, pourraient être considérées comme partisanes.

Au moins trois influenceurs sont concernés par ces pratiques, d’après une recension de Global News. Ashley Callingbull, par exemple, a déclaré sur les médias sociaux que «nous avons désespérément besoin d'un nouveau premier ministre» avant la campagne de 2015.

Lilly Singh avait, en décembre 2015, publié une photo du premier ministre nouvellement élu, Justin Trudeau, louangeant son cabinet paritaire.

Deux articles en février 2018 dans la presse indiquaient également que la comédienne Katherine Levac, l'une des influenceuses, voyait en Justin Trudeau son homme idéal.

Le député conservateur, Pierre Poilievre, a accusé Élections Canada, une entité indépendante, d'être un «chien de garde libéral», alors que l'agence et sa direction auraient pu connaître le comportement passé des influenceurs par une simple recherche Google.

«Si le président d’Élections Canada était au courant des commentaires extrêmement partisans de ces “influenceurs” quand il leur a donné cet argent, il a alors pris parti, a déclaré Pierre Poilievre. S'il ne savait pas, c’est qu’il est incompétent.»