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Il manque des centaines d’agents de sécurité pour l’été à Québec

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Des agences privées de sécurité lancent un cri d’alarme alors que, à l’aube de la saison des festivals, une pénurie de main-d’œuvre sans précédent les pousse à renoncer à des dizaines de contrats.

Le propriétaire de Sécurité Sirois estime que la situation est pire que jamais. «Depuis environ trois semaines, c’est plus de cinq à six contrats par jour que l’on doit refuser», évalue Martin Sirois.

«On est en mode panique depuis plusieurs mois. On a une loi qui est très pesante pour les nouveaux agents qui veulent travailler dans l’industrie. Moi, il me manque environ 200 employés pour livrer ce que j’ai de signé cet été», révèle-t-il.

Pour une 32e année, Martin Sirois sera présent au Festival d’été de Québec (FEQ) en juillet, mais encore vendredi, il ne savait pas s’il serait en mesure de remplir tous ses engagements.

«Conscient» des défis vécus par l’industrie, le FEQ se fait néanmoins rassurant. L’événement n’a pas l’intention de couper dans son dispositif de sécurité et entend respecter encore cette année «les plus hauts standards de la sécurité événementielle», prévient Samantha McKinley, directrice des communications pour l’événement.

«C’est quelque chose qui nous préoccupe. On suit la situation de près», reconnaît-elle.

Assouplissements réclamés

De son côté, Martin Sirois a décidé de faire front commun avec 12 autres entreprises du genre pour réclamer au gouvernement des assouplissements dans l’obtention des différents permis d’agents de sécurité privée.

Le Bureau de la sécurité privée (BSP), qui encadre l’industrie, demandait jusqu’à il y a quelques jours une formation de 70 heures et de plusieurs centaines de dollars pour l’obtention d’un simple permis temporaire d’agent en sécurité événementielle.

«On avait un certain inconfort à dire que systématiquement, des gens vont chercher des permis et n’ont pas la formation», explique Claude Paul-Hus, directeur général du BSP.

Cette politique a finalement été levée pour donner de l’air aux agences de sécurité, mais seulement pour cet été. Un cours de secourisme demeure obligatoire. Le BSP promet ensuite de consulter l’industrie à l’automne.

Intenable

Pour Martin Sirois, le coût pour obtenir ce permis temporaire (142 $) demeure un frein à l’embauche, et le délai pour traiter la demande (environ un mois) est intenable dans le contexte actuel.

«Un laveur de vaisselle gagne 20, 25 $ de l’heure présentement à Québec. Le salaire d’un agent de sécurité est de 17,49 $ de l’heure. Alors, à un moment donné, il faut que quelqu’un allume. Ça dort au gaz», lance-t-il.

«J’ai refusé des clients aujourd’hui, j’en ai refusé la semaine passée. Il doit me manquer à peu près une quarantaine d’agents», partage aussi Guy McKinnon, de sécurité Guy McKinnon.

Par écrit, le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, soulève que «le problème de la pénurie de main-d'œuvre n'affecte pas uniquement les agences de sécurité. C'est une réalité qui affecte plusieurs secteurs d'activité.» «Nous demeurons ouverts à la discussion, mais [...] nous ne ferons aucun compromis concernant la sécurité de nos citoyens», a indiqué son directeur des communications, Jean-François Del Torchio.