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Louise Forestier: «J’apprends à vieillir»

Victor-Léon Cardinal

 - Agence QMI

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

La chanteuse Louise Forestier a vécu un moment riche en émotions le 4 juin dernier, alors qu’elle était honorée en compagnie de la poète et écrivaine Denise Boucher à la septième édition de la Soirée Hommage Québecor, qui se tenait au Chalet du Mont-Royal. Voici un aperçu du parcours de cette artiste qui cumule plus de 50 ans de carrière et qui a su marquer l’histoire de la chanson québécoise.

Récipiendaire d’une bourse de 50 000 $, qui lui a été remise lors de la Soirée Hommage Québecor, animée par Stéphane Archambault et Louise Latraverse, Louise Forestier perçoit cet honneur comme un cadeau du ciel.

«Je remercie Monsieur Pierre Karl Péladeau, un homme qui encourage énormément les artistes et les arts d’ici. Ça souligne bien la fin de ma carrière. J’ai chanté pendant 52 ans; je crois que j’ai donné.»

La chanteuse a passé cette belle soirée en compagnie de son fils, Alexis, et de ses proches et amis.

Par ailleurs, Louise Forestier a eu l’occasion de remonter sur scène aux côtés de Robert Charlebois lors de la première du spectacle «Robert en CharleboisScope», le 6 juin, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Les artistes ont chanté en duo leur succès «Lindberg».

«J’ai aussi eu la chance de chanter à nouveau avec lui sur son dernier album, "Et voilà". C’était la deuxième fois en 50 ans que nos voix se retrouvaient sur le même disque. On n’a pas abusé. (rires)»

S’adonnant à l’écriture et à la peinture, Louise Forestier déclare ne pas avoir de nouveaux projets. «Je suis heureuse de vous dire que je ne travaille sur rien en ce moment. Je continue néanmoins de peindre et d’écrire sans me mettre de pression. J’apprends à vieillir et j’aime beaucoup ça!» s’exclame la dame de 76 ans.

Une vaste carrière

Née Louise Belhumeur le 10 août 1943 à Shawinigan, Louise Forestier a fait ses premiers pas dans le monde de la chanson à la fin des années 1960 en participant, en mai 1968, à «L’Osstidcho», en compagnie d’Yvon Deschamps, de Mouffe et de Robert Charlebois. Cette même année, elle a chanté en duo sur la version originale de la chanson «Lindberg» et a vu sa carrière prendre son envol.

Reconnue pour son fort caractère, Louise Forestier peut se targuer d’avoir su laisser sa marque. Au fil des décennies, elle a participé à des comédies musicales et obtenu des rôles au cinéma et à la télévision. En 1974, elle a joué dans le film «Les ordres», du réalisateur Michel Brault, et en 2006, dans la série «Le négociateur», à TVA, où elle incarnait une tenancière de bar.

Comptant plusieurs albums à son actif, la chanteuse s’est aussi distinguée sur scène en 1972, dans la création «Demain matin, Montréal m’attend», de Michel Tremblay, ainsi qu’en 1981, en incarnant la serveuse automate dans la version québécoise de l’opéra rock «Starmania», de Luc Plamondon et Michel Berger.

En 1990, Louise Forestier a aussi fait partie de la distribution de l’opéra «Nelligan», de Michel Tremblay et André Gagnon, et en 2008, elle nous présentait l’album «Éphémère», qu’elle a fait avec son fils, Alexis, qui est musicien.

Passionnée par la musique, la peinture, le jeu et l’écriture, Louise Forestier aura marqué plus d’une génération. Nous lui souhaitons une excellente retraite!