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Trois ans de prison pour une agression gratuite dans un bar de Saint-Jérôme

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

ARCHIVES/TVA NOUVELLES

Deux hommes prennent la route du pénitencier pour les trois prochaines années parce qu’une simple altercation verbale s’est transformée en une violente agression gratuite, dans un bar de Saint-Jérôme en janvier dernier.

Danny Charbonneau, 38 ans, et Julien Leblanc, 22 ans, ont plaidé coupables la semaine dernière aux accusations de voies de fait auxquelles ils faisaient face.

Charbonneau a aussi reconnu avoir proféré des menaces de mort et avoir possédé une arme, soit un couteau retrouvé à son arrestation.

Les faits remontent à la nuit du 16 janvier dernier, où les deux individus ont battu sauvagement deux autres clients sans défense du bar dans lequel ils se trouvaient.

«On voit très bien [sur une vidéo] les deux individus s’acharner sur les deux victimes en question, "acharner", c’est le mot», a déploré devant le tribunal le procureur de la Couronne Sédrik Valiquette.

Le motif de l’agression est un «échange de mots» entre les gens impliqués.

Sauter sur la cage thoracique

«[Une des victimes] va se voir attaquée sans qu’il y ait riposte de sa part. Il va se voir asséner de nombreux coups de poings, des coups de pied alors qu’il est au sol», a commenté Me Valiquette.

L’attaque survenue « sans avertissement » était d’une telle violence qu’à un certain moment, Charbonneau est même allé jusqu’à sauter sur la cage thoracique d’une de ses victimes.

Une fois l’altercation terminée, Charbonneau a ramassé la carte d’assurance maladie d’un des blessés.

«Il a proféré une menace de ne pas porter plainte à la police, sans quoi il le retrouverait», a indiqué Me Valiquette.

Période de déroute

Plusieurs facteurs aggravants ont été mis de l’avant pour justifier la sentence : le caractère « gratuit » de l’affaire, la gravité des blessures aux victimes et le fait que les deux accusés possédaient déjà des antécédents judiciaires.

Les deux hommes ont écopé de la même peine, soit 43 mois de pénitencier.

En soustrayant la détention préventive, il leur reste trois ans à passer derrière les barreaux. Il leur sera impossible de communiquer avec les victimes. Il leur sera aussi interdit de posséder des armes à vie.

Sans excuser le geste de son client, l’avocat de Charbonneau a fait valoir au juge Sylvain Lépine que l’accusé se trouvait dans «une période de déroute» due à de la consommation de drogue.

«Il est conscient de la gravité et de l’ampleur [de la situation], a souligné Me Mathieu Hanaty. Quand mon client ne consomme pas, c’est comme le docteur Jekyll et Mr Hyde, il a comme un autre côté.»

L’avocat de Leblanc, Me Pierre Dubé, a précisé que son client «exprime des regrets face à ce qui est arrivé».

- avec la collaboration de Christian Plouffe