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Vapotage chez les ados : des règlements plus sévères demandés

Étienne Paré

 - Agence QMI

La Société canadienne du cancer et les groupes antitabac appellent Québec et Ottawa à en faire beaucoup plus pour empêcher les jeunes de vapoter.

Cette demande coïncide avec le lancement de consultations publiques et la divulgation cette semaine d'une nouvelle étude rapportant que la cigarette électronique connaît une hausse fulgurante de popularité chez les adolescents, même si la vente est interdite aux moins de 18 ans.

Selon l'étude publiée dans le British Medical Journal, près de 15 % des jeunes Canadiens disaient avoir vapoté au moins une fois dans les 30 derniers jours en 2018. L’année précédente, ils n’étaient que 8 %.

Bref, en à peine 12 mois, le nombre d’adeptes chez les jeunes de la cigarette électronique et de ses dérivés, des produits qui peuvent être addictifs, a presque doublé.

«C’est extrêmement inquiétant. Le Canada avait fait énormément de gain dans les dernières années dans la lutte contre le tabagisme chez les jeunes. On est en train de reculer», a souligné Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer.

M. Cunningham demande au Québec et aux autres gouvernements provinciaux à rehausser l’âge légal pour vapoter à 21 ans.

«Quand on est un adolescent de 15 ou 16 ans, c’est facile trouver un ami de 18 ans qui peut acheter des produits de vapotage à notre place. Mais ce serait moins facile d’en avoir un de 21 ans», a raisonné Rob Cunningham.

Un marketing qui cible les jeunes

Personne ne conteste que, chez les adultes, la cigarette électronique peut être un bon moyen pour se sevrer d’une dépendance au tabagisme ni même qu’elle est beaucoup moins nocive que les mégots.

Reste que les groupes antitabac remettent ouvertement en question la bonne foi des entreprises qui vendent ce type de produit.

«Le marketing cible très clairement les plus jeunes qui ne sont pas des fumeurs à la base», a affirmé de son côté Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, qui presse Ottawa d’interdire la publicité sur les réseaux sociaux.

Nouvelle consultation

Après avoir adopté une première loi l’an dernier, le gouvernement fédéral a lancé cette semaine des consultations publiques pour mieux encadrer cette industrie.

La Société canadienne du cancer a l’intention d’y plaider pour la fin de la vente de produits de saveur dans les dépanneurs, jugés trop attirants pour les plus jeunes.

Pour sa part, Imperial Tobacco, l'un des leaders dans l’industrie, est contre l’idée d'imposer de nouvelles règles.

«Je pense que cela n’aurait pas l’impact escompté. En réalité, la plupart des jeunes vont sur internet et achètent leurs produits avec une carte de crédit prépayée. C'est là que le combat doit se faire», a commenté Éric Gagnon, directeur des affaires corporatives chez Imperial Tobacco Canada.

L'entreprise, qui a fait sa fortune dans la vente de cigarettes, veut aujourd'hui «aider les fumeurs à arrêter progressivement la cigarette traditionnelle» avec la cigarette électronique.

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