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Un «champ de mines» qui a besoin de moyens

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

Le chemin Taché Ouest, à Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup, est en mauvais état, est un champ de mines, selon plusieurs usagers

collaboration spéciale, Stéphanie Gendron

Le chemin Taché Ouest, à Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup, est en mauvais état, est un champ de mines, selon plusieurs usagers

Une municipalité de moins de 2000 habitants dans le Bas-Saint-Laurent peine à entretenir les 18 kilomètres d’une route très passante comparée à « un champ de mines », et souhaite que le ministère des Transports paye pour son entretien.

Michel Nadeau habite à l’année en bordure d’un des trois lacs de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent, et compare le chemin Taché Ouest à un champ de mines.

« Il faut faire attention, j’ai fendu un pneu. Un ami à moi a aussi fendu un pneu. Non seulement il y a des trous et on brise nos voitures, mais on conduit au centre de la route, car les côtés sont brisés. Quand on rencontre, on se tasse, mais c’est vraiment de la conduite défensive », déplore Michel Nadeau, un médecin à la retraite de 72 ans.

C’est la Municipalité qui doit entretenir cette route, où se rencontrent des poids lourds, des villégiateurs et des citoyens.

Juste pour une portion de 3,2 kilomètres sévèrement abîmée, le conseil municipal estime qu’il devrait dépenser 800 000 $ pour la réparer, alors qu’il gère un budget municipal de 2,5 M$ par année. Sans subvention, il n’ira pas de l’avant et continuera de remplir les trous. « C’est plus du fardage. On ne refait pas la structure. Nos travaux sont voués à une courte vie. Quand la base n’est pas bonne, la surface se défait rapidement », dit le maire Gilles Couture.

Les 18 kilomètres du chemin sont sous la responsabilité de la Municipalité depuis 1993. Depuis, six demandes officielles ont été adressées au ministère pour que cela change, mais sans succès.

Responsabilité

Le partage des responsabilités routières s’est fait en 1993. Lors de ce partage, le ministère des Transports a reconnu une seule route collectrice (qui relie un village à une agglomération urbaine) par municipalité, explique Julie Marcoux, conseillère en communication au ministère des Transports.

« Dans le cas de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup, la route 291 fut reconnue route collectrice, et ce, en concertation avec la Municipalité. Par souci d’équité envers l’ensemble des municipalités du Québec et selon les principes de la hiérarchisation du réseau routier, le statut actuel des routes ne peut être modifié », indique-t-elle.

La piètre qualité de la route, sur laquelle la Municipalité a quand même investi 800 000 $ depuis cinq ans, nuit au développement du village. Selon le maire, une entreprise qui avait envisagé Saint-Hubert comme lieu d’installation a choisi un autre endroit. Dans ses considérations se trouvait l’état de la route. Il ignore si c’est ce qui a mené à la décision d’aller ailleurs, mais le maire ne peut ignorer qu’il en a été question.

« Quand l’accès est difficile et que les gens viennent ici en brisant leurs équipements, ils ne sont pas intéressés », dit M. Couture.

Un argument de taille

Les intervenants ont deux arguments à fournir au ministère. Ils pensent que l’achalandage sur la route devrait augmenter dans les prochaines années, lorsque l’autoroute 85 sera terminée à proximité. On avance aussi l’argument du développement touristique, en raison de la présence de trois lacs qui comptent 500 résidences et un camping. Une nouvelle demande sera faite au ministère à la fin de l’été, une fois l’étude de circulation estivale terminée.

Ce dossier fait partie des cinq grandes priorités de la MRC de Rivière-du-Loup présentées aux candidats de la dernière élection provinciale.