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Arrêtée pour vol après avoir remis à la police les armes de son mari

AFP

Courtoisie Bureau du Shérif de Polk County

L'arrestation puis l'inculpation pour vol d'une Américaine qui s'est emparée des armes de son mari violent pour les remettre à la police suscitaient lundi de vives critiques aux États-Unis.

Courtney Irby, 32 ans, s'était présentée le 15 juin à un commissariat de Floride pour remettre les armes de son mari, par peur qu'il ne les utilise contre elle ou leurs deux enfants.

La veille, à l'issue d'une réunion en vue de leur divorce, il avait été arrêté après avoir tenté d'emboutir le véhicule de sa femme, a rapporté le journal local Lakeland Ledger.

Il avait rapidement été remis en liberté sous caution, à condition de remettre ses armes à la police.

Son épouse, convaincue qu'il ne se plierait pas à cette consigne, s'était alors introduite à son domicile pour s'en charger elle-même.

Mais une fois au commissariat, la police avait contacté son époux, qui avait décidé de porter plainte contre elle pour cambriolage. Elle avait été immédiatement écrouée et a passé six nuits en détention.

Lundi, une élue de Floride, Anna Eskamani, a écrit au procureur local pour lui demander d'abandonner les poursuites «honteuses» contre Courtney Irby.

La juger «créerait un dangereux précédent pour celles qui essaient d'échapper aux violences domestiques», a-t-elle noté, en soulignant qu'aux États-Unis la présence d'armes à feu dans les situations de violences conjugales multipliait par cinq le risque d'homicide.

Une loi fédérale interdit aux personnes condamnées pour violences conjugales, ou visées par une interdiction d'entrer en contact avec leur partenaire, de posséder des armes à feu.

Mais selon Mme Eskamani, la Floride fait partie des 35 États où des vides juridiques empêchent l'application de cette loi.

Des partisans d'un meilleur contrôle des armes à feu, dont l'association Moms demand action, ont apporté leur soutien à Courtney Irby et une collecte de fonds a été lancée sur internet pour l'aider à couvrir ses frais juridiques.