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Coupable d'avoir jeté son ex du haut d'un balcon, il n’a fait aucun progrès en détention

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

PHOTO D’ARCHIVES, PIERRE-PAUL POULIN

Un malentendant condamné à sept ans de pénitencier pour avoir tenté de tuer son ex-conjointe en la jetant du troisième étage s’est vu refuser une libération conditionnelle, car il n’a pas du tout cheminé.

Incarcéré depuis plus de deux ans, Richard Trottier n’a fait aucun «progrès significatif», peut-on lire dans la récente décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), dont Le Journal a obtenu copie.

En fait, l’homme de 51 ans continue de nier avoir jeté la mère de son fils d’un balcon situé à 13 mètres au-dessus du sol, causant à celle-ci d’importantes blessures ayant entraîné de lourdes séquelles.

«Vous ne reconnaissez toujours pas votre responsabilité dans les présents délits, projetant plutôt le blâme sur la victime. Selon vos dires, madame s’est elle-même jetée en bas du balcon. Vous dépeignez la victime comme une femme dépressive, suicidaire et instable», ont noté les commissaires Christine Rudolph-Snyder et Joseph Lainé, la semaine dernière.

Cette version, Trottier la maintient depuis son procès, qui a débuté en 2014, au palais de justice de Montréal.

Le juge Yvan Poulin n’a toutefois pas cru l’accusé et l’a condamné à sept ans de pénitencier en mars 2017.

Mais le crime, lui, remonte à l’été 2010.

Le couple était séparé depuis plusieurs années. Les deux parents continuaient de se voir, dans l’intérêt de leur fils.

D’après ce qui a été relaté au procès, Trottier, un consommateur de crack et de cocaïne, avait déjà menacé « de détruire » la dame par le passé.

Dans la nuit du 6 juillet, le Montréalais a mis ses menaces à exécution, au terme d’une chicane avec la victime.

Alors que la femme était sur le balcon de son logement, Trottier l’a empoignée et l’a fait passer par-dessus la rambarde.

Étant elle aussi sourde, la dame n’a pas entendu son ex-conjoint arriver derrière elle. Elle ne l’a pas vu non plus s’approcher, car elle souffre d’un syndrome ne lui laissant qu’une vision en tunnel.

Retrouvée inconsciente par un passant, la femme a survécu, après cinq jours dans le coma et une longue réadaptation.

Quelques mois plus tard, Trottier s’était excusé pour son geste, en larmes et devant témoins. Il affirme maintenant que cette scène ne s’est jamais produite.

Pas violent

Lors de son audience devant la CLCC, le détenu a nié avoir été violent envers la victime, malgré cette condamnation et des antécédents de violence conjugale.

Sa candidature a été rejetée par deux maisons de transition et son équipe de gestion de cas a suggéré aux commissaires de le garder derrière les barreaux.

Trottier aurait d’ailleurs dit à ses intervenants qu’il souhaitait « faire [son] temps tranquillement jusqu’à [sa] libération et tourner la page ».

La CLCC lui a donc refusé une libération conditionnelle au tiers de sa peine, soulignant notamment « l’absence totale de responsabilisation et l’absence de remords et d’empathie pour la victime et ses proches ».

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