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Des barrières de sécurité vraiment sécuritaires?

Geneviève Paradis | TVANouvelles.ca

Un cycliste a été gravement blessé mercredi passé alors qu’il circulait sur la piste multifonctionnelle du pont Jacques-Cartier, un accident qui aurait pu être évité selon le regroupement de cyclistes et piétons qui fréquentent la structure.

L’homme dans la trentaine aurait foncé dans une barrière mise en place sur la piste pour ralentir la vitesse, selon une vidéo de l'événement.

Urgences-santé confirme que le cycliste était conscient lors de son transport à l’hôpital, même s’il a été gravement blessé.

Au travers de l’Association des piétons et cyclistes du pont Jacques-Cartier, François Démontagne dénonce l’incident, qui selon lui, ne se serait peut-être pas produit s’il n’y avait pas eu de barrières.

«Les gens moins habiles à vélo, qui ne sont pas habitués à la piste du pont peuvent se blesser», assure-t-il lors de sa rencontre avec TVANouvelles.ca.

Vingt-cinq accidents causés par les barrières ont été répertoriés par son regroupement depuis leur installation en 2018. 

Au départ, les chicanes étaient un ensemble de trois barrières, au travers desquelles les cyclistes et les autres usagers devaient zigzaguer en ralentissant.

Très contestées dès leur mise en place, parce qu’elles rendaient presque impossibles le passage de remorques, de longs vélos, ou même de vélos adaptés, elles ont été améliorées au fil du temps.

«Les chicanes actuelles ont toutes une sceau d’ingénieur», assure Nathalie Lessard porte-parole de la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain.

Lors du passage de TVAnouvelles.ca, la plupart des cyclistes rencontrés étaient favorables à ces barrières qui ralentissent la vitesse sur la structure, évitant ainsi les accidents graves.

Certains reconnaissaient toutefois qu’il n’était pas facile de manœuvrer au travers.

TVANouvelles.ca a fait le test et a traversé le pont au complet pour une première fois.

La cycliste qui a fait le test utilise son vélo quotidiennement pour se rendre au travail et est très habituée de circuler en ville. Conclusion de notre expérience : à basse vitesse, les barrières posent un défi, mais il est possible de passer au travers sans trop de mal. Toutefois, un cycliste moins habitué ou qui arrive trop rapidement peut certainement tomber et se blesser.

Pour Nathalie Lessard, la prévention et surtout la réduction de la vitesse est la clef, soutient-elle en précisant que la piste est étroite, et qu’il est facile d’accélérer lors des descentes, des pentes de 4%.

«Si c’est trop difficile de rouler pour passer les barrières, on demande aux gens de descendre du vélo et de marcher à côté», ajoute-t-elle.

Les responsables du pont sont allés à la rencontre des cyclistes pour leur expliquer le principe des chicanes, en les encourageant à réduire leur vitesse et en faisant preuve également de courtoisie.

Des affiches plus détaillées seront mises en place aux extrémités de la piste afin de mieux renseigner les usagers sur le système des chicanes.

L’Association de François Démontagne souhaite continuer à militer afin de faire retirer ces barrières qui posent un risque sérieux selon elle, et qui entravent la circulation des usagers actifs du pont.