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Des producteurs porcins du Québec retiennent leur souffle

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

La Chine ferme carrément la porte à toute exportation canadienne de viande. Inévitablement, cette décision crée beaucoup d'incertitude pour les producteurs de porc de la région.

En Estrie et dans le Centre-du-Québec, ce sont quelque 4600 emplois qui dépendent de la filière porcine.

On dénombre près de 540 éleveurs, dont plusieurs retiennent leur souffle en attendant de connaître les impacts de ce blocus qui dépendra de sa durée.

David Duval a reçu mercredi matin plus de 2000 porcelets pour sa maternité.

Président de l'organisation Les Éleveurs de porcs du Québec, il produit environ 30 000 porcs par année.

«C'est un stress dont on aurait pu se passer après la chute des prix l'automne dernier. On commençait à peine à se relever ces derniers mois et voilà que cette menace nous plane au-dessus de la tête», a dit M. Duval, mercredi, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Producteur indépendant, Richard Parenteau est lui aussi établi à Wickham, dans le Centre-du-Québec. Il engraisse et vend à Olymel 1500 porcs par année.

Quand les prix ont chuté l'automne dernier pour atteindre 1,38 $ le kilo, c'est environ 1000 $ par semaine qu'il perdait.

«On flottait sur un nuage avec la hausse des prix, mais avec la Chine qui nous ferme ses portes, on s'interroge. Quelles seront les conséquences? Une chose est sûre, ça n'augure pas bien et ça pourrait entraîner une nouvelle chute des prix», a dit M. Parenteau.

À titre de président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval comprend l'inquiétude de ses membres, même s'il est trop tôt pour connaître les impacts de ce blocus chinois.

Soixante-dix pour cent de la production porcine québécoise est dédiée à l'exportation.

Après les États-Unis et le Japon, la Chine représente le troisième plus important marché.