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Nouvelle offre patronale dans le conflit à ABI

Louis Cloutier | TVA Nouvelles

Le moment de vérité approche à l'Aluminerie de Bécancour (ABI) après 18 mois de conflit. La compagnie a déposé au syndicat une offre de règlement globale et finale, mercredi.

«Cette offre est notre dernière», a insisté Jean-François Cyr, président d'Alcoa-Canada lors de la première conférence de presse à être tenue par la compagnie depuis le déclenchement du lock-out, le 11 janvier 2018.

Alcoa donne jusqu'au 5 juillet aux syndiqués pour se prononcer sur sa proposition. Si elle est acceptée, le redémarrage de l'aluminerie sera entrepris le 26 juillet.

Dans le cas contraire, la dernière demi-série de cuves toujours opérée par le personnel-cadre sera arrêtée.

«Si l'offre est rejetée, on va devoir faire des plans pour la suspension des opérations, ce qui comprend la fermeture des cuves», a prévenu Jean-François Cyr.

La compagnie a livré publiquement quelques éléments de son offre: respect de l'ancienneté, limite accrue à la sous-traitance et aucune mise à pied. Les travailleurs partis en cours de conflit ne seront tout de même pas remplacés.

Aussi, 8 millions $ seront ajoutés à la caisse de retraite et 8000 heures seront offertes en libération syndicale.

Le rappel au travail s'étalera sur une période de six mois. Ceux qui ne seront pas revenus au travail après cinq mois toucheront de la compagnie une indemnité de 630 $ net par semaine. La hausse salariale sur les six ans du contrat totalisera 15,3 %.

Alcoa ne fait pas mystère de la gravité du moment. «Aujourd'hui, on est à la croisée des chemins. Nous sommes à une étape critique», n'a pas caché Nicole Coutu, directrice de l'aluminerie.

À l'issue de la courte séance de conciliation durant laquelle Alcoa a déposé son offre, le syndicat a fait savoir qu'il convoquera rapidement une assemblée générale.

«Nous, ce qu'on va faire, c'est étudier cette offre finale de l'employeur et on va la présenter à nos membres dans les prochains jours», a assuré Clément Masse, président du syndicat.

La compagnie reste intransigeante sur la question de la flexibilité des postes dans l'aluminerie et sur la réorganisation du travail. Alcoa ne cache pas que ces mesures déjà introduites dans ses autres alumineries sont nécessaires pour faire face à la concurrence en provenance de la Chine.

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