/news/law

Prison à vie pour Adèle Sorella sans possiblité de libération avant 10 ans

Michael Nguyen | Journal de Montréal

archives Agence QMI

Une mère de Laval qui a tué ses deux enfants devra purger au moins 10 ans de pénitencier avant d’espérer toute libération conditionnelle, vient de trancher une juge ce mercredi.

«Il ne faut pas oublier que la sentence est la prison à vie, une période d’inéligibilité de 10 ans, c’est une longue période», a déclaré la juge Sophie Bourque en condamnant Adèle Sorella, au palais de justice de Laval.

Assise dans le box des accusés, la meurtrière de 53 ans a écouté avec attention la décision qui a scellé son sort, mais aussi les raisons qui l’ont poussée à tuer ses fillettes de 8 et 9 ans, le 31 mars 2009 dans la résidence familiale de Laval.

Depuis plusieurs années, Sorella souffrait de problèmes de santé qui l’ont mené à la dépression. Puis, en 2006, elle a appris que son mari Giuseppe De Vito était lié à la mafia montréalaise.

«Le monde [de Sorella] s’est écroulé», a rappelé la juge.

Ce dernier a longtemps été recherché par la police. Il avait finalement été attrapé en 2010, mais il est mort empoisonné trois années plus tard, au pénitencier.

Sorella, de son côté, a souffert de dépression et a fait plusieurs tentatives de suicide. Puis, le 31 mars 2009, elle a tué ses enfants Amanda et Sabrina De Vito dans le domicile familial. Fait particulier, la cause des décès n’a jamais été établie avec certitude et Sorella dit n’avoir aucun souvenir des événements.

«Il n’y avait aucune marque de violence», a noté la juge en expliquant l’hypothèse voulant que les enfants avaient été placés dans une chambre hyperbare, si bien qu’ils sont morts par dépravation d’oxygène.

Troubles mentaux

En raison des troubles mentaux, les avocats de la défense Pierre et Guy Poupart avaient tenté d’obtenir un verdict de non-responsabilité criminelle. La Couronne réclamait pour sa part une condamnation de meurtre prémédité.

À la suite de ses délibérations, le jury a plutôt opté pour des verdicts de meurtres au deuxième degré. Cela signifiait que Sorella allait automatiquement écoper de la prison à vie. Restait juste à déterminer la période d’éligibilité à une libération conditionnelle, qui peut varier entre 10 et 25 ans.

Mais compte tenu du cheminement de Sorella, la juge a estimé que la période minimum était suffisante.

«Le processus de deuil se poursuit, il reste beaucoup de chemin à parcourir, mais elle ne présente pas de danger pour quiconque», a rappelé la juge.

Lors des plaidoiries sur la peine, Sorella avait d’ailleurs déposé une lettre faisant état de ses remords et de son amour pour ses filles.

«Je ne sais pas ce qu’il s’est passé et je regrette de ne pas avoir été là pour vous protéger, avait-elle écrit dans un message s’adressant à ses filles. Dix ans plus tard, je continue à pleurer vos morts.»

À la suite de la sentence, les procureurs de la Couronne Nektarios Tzortzinas et Simon Lapierre ont annoncé qu’ils allaient procéder à une analyse afin de vérifier la possibilité de porter le tout en appel, considérant qu’ils réclamaient une période d’inéligibilité de 14 ans.

La défense, de son côté, n’a pas souhaité commenter.

Dans la même catégorie