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«Si le bateau n’avait pas été avancé, le carnage aurait aussi été exponentiel»

Pierre-Paul Biron | Le Journal de Montréal

Natasha Noël a assisté, impuissante, au drame qui s’est joué lundi à la traverse de Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine. Elle et son conjoint se trouvaient dans la file d’attente pour accéder au navire et ont vu le VR d’Éric Belec filer tout droit vers la plateforme qui a servi de rampe de lancement vers la mort.

«Mon chum venait de débarquer du camion et il a lâché un cri. C’est là que j’ai vu descendre le VR», raconte la femme originaire de Sept-Îles.

Selon cette dernière, en plus d’avoir tout fait pour éviter d’entrer en collision avec des piétons ou d’autres véhicules de façon héroïque, le conducteur a bien tenté de freiner sa course folle.

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«Il a foncé deux fois dans les barrières en métal qui servent à protéger les piétons le long de la route. On a entendu deux gros ‘’bang’’ et on le voyait frapper les gardes, mais ça ne l’a jamais ralenti. Il n’y avait rien qui pouvait l’arrêter», explique Mme Noël, toujours sous le choc de ce qu’elle a vu.

Plus de 100 km/h

Après ces tentatives infructueuses de ralentir, il ne restait plus d’option pour Éric Belec, qui a sauvé des vies en agissant ainsi croit la témoin.

«Ce gars-là ne voulait vraiment pas frapper personne parce que sinon il serait rentré dans les autos en file. [...] Et si le bateau n’avait pas été avancé, s’il était encore au quai, le carnage aurait aussi été exponentiel», souligne Mme Noël.

Selon elle, le véhicule récréatif a dévalé l’imposante côte menant au traversier à une vitesse dépassant les 100 km/h. «Ça a été tellement vite. Tout s’est passé en 15 secondes».

Aucun problème avant la dernière côte

Natasha Noël confirme aussi les témoignages de la famille a l’effet que le VR d’Éric Belec semblait tout à fait en ordre. Son conjoint et elle ont suivi les victimes durant plusieurs kilomètres et assurent que rien ne semblait clocher avec le véhicule.

«Il était devant nous et tout semblait beau. On ne roulait pas vite et chaque fois qu’on arrivait dans une côte, il freinait sans problème. Il a même arrêté en haut de la côte à Tadoussac et quelqu’un l’a vu sortir de son VR pour s’assurer que tout était ok», confie la femme, qui a dépassé les victimes avant d’arriver au traversier.

Elle estime que si le problème ne s’était pas présenté soudainement, Éric Belec se serait arrêté plus tôt. «C’est sur qu’il avait des freins partout sur le chemin avant d’arriver au dernier bout», se souvient Mme Noël, qui restera marquée par l’accident.

«Je criais et je pleurais dans le camion. Et si moi j’étais dans cet état-là, je n’ose même pas imaginer l’enfer qu’ils ont vécu dans leur VR. J’ai dit à mon conjoint que la prochaine fois qu’on prendra le bateau, je débarque et je vais en avant tout de suite», laisse-t-elle tomber.