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La Cour donne une chance au jeune tiré entre les deux yeux

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Archives Agence QMI

La justice a choisi de donner une deuxième chance au jeune homme qui a reçu une balle entre les deux yeux après s’être battu avec un constable spécial du palais de justice de Maniwaki l’an dernier.

Steven Bertrand St-Amour a récemment pu quitter la prison, après avoir passé l’équivalent d’un an derrière les barreaux.

Mais le miraculé de 19 ans devra maintenant respecter bon nombre de conditions pendant les trois prochaines années.

S’il se tient à carreau, il n’aura pas d’autre conséquence pour avoir déclenché une violente bagarre avec un constable.

Le mois dernier, Bertrand St-Amour a reconnu avoir commis des voies de fait armées ayant entraîné des lésions à un agent de la paix, avoir pris l’arme d’un agent de la paix et avoir menacé un agent de sécurité de la firme Garda.

L’événement, qui a secoué toute la communauté judiciaire, est survenu le 31 janvier 2018, au palais de justice de Maniwaki.

 

Ce jour-là, l’homme alors âgé de 18 ans avait été convoqué devant le tribunal.

Bertrand St-Amour était très agité et ne respectait aucune consigne des agents de sécurité qui le surveillaient.

« J’vais briser ta face, man », a-t-il même dit à l’un d’eux.

Le constable spécial chargé d’assurer la sécurité des lieux est alors intervenu et une bataille a éclaté.

Bâton télescopique

L’accusé affirme avoir reçu deux coups de bâton télescopique dans la bagarre, avant de s’emparer de l’objet.

Il a asséné à son tour plusieurs coups au corps et à la tête de l’agent, que l’on ne peut nommer sur ordre du tribunal.

« Se sentant étourdi et ébranlé, le constable craint de s’évanouir. C’est dans ce contexte que le constable sort son arme de service et la pointe en direction de l’accusé », a expliqué à la cour Me Pierre-Olivier Gagnon, de la Couronne.

Deux coups ont été tirés. La première balle s’est enrayée, mais la seconde a atteint Bertrand St-Amour entre les deux yeux. La scène a été filmée par un proche.

« C’est un incident banal qui a mal viré, et tout ça, c’est dû à votre caractère, votre mèche courte. Vous n’écoutiez personne, vous vouliez faire à votre tête et ça a mal tourné », a lancé le juge François Landry.

Le jeune homme conserve des séquelles de l’incident, lui qui a toujours un fragment de la balle logée dans sa tête, près d’une artère principale.

« Sa vie a changé depuis cet événement-là. Dire que c’est un tournant majeur est un euphémisme », a souligné son avocat, Louis-André Hubert.

Faire réfléchir

« Espérons que cette expérience épouvantable qui s’est passée là va faire en sorte de vous faire réfléchir sur la manière de réagir maintenant avec les autres », a laissé tomber le magistrat.

Quant au constable, il a eu une lacération à la tête et un traumatisme crânien. Il a manqué deux mois de travail.

Le Bureau des enquêtes indépendantes a remis son dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales en février. L’analyse n’est toujours pas terminée.

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