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Les villes, débarras à ciel ouvert au lendemain des déménagements

Alexis Tremblay - TVA Nouvelles

Au lendemain du 1er juillet à Sherbrooke, des montages de débris s’accumulent à la vue des voisinages. Sur les artères principales, les déchets marquent les paysages.

«Je ne révèle pas de secret ici : on vit dans une société de surconsommation. Alors on surconsomme et on sur-jette. Cette année, c’est particulièrement flagrant », explique Claude Belleau, directrice générale d’Estrie Aide.

Cet été, l’entreprise d’économie sociale a été forcée de fermer son centre de don pendant la période de déménagement. Les usagers ne se débarrassaient plus de leurs meubles réutilisables, mais bien de leurs déchets.

Trop de négligence?

Les locataires ont pourtant une responsabilité : ils doivent laisser derrière eux un appartement propre et idéalement contacter les ressources appropriées pour récupérer les biens qu’ils ne désirent plus. Sur le terrain, la réalité est toute autre. Plusieurs appartements sont abandonnés avec une importante quantité de biens.

«C’est un peu comme quand tu loues une voiture. Tu ne peux pas rapporter ta voiture au concessionnaire en mauvais état, avec des bosses et partir sans rien dire. Tu vas devoir assumer les conséquences», juge Pierre-Olivier Lachance, gestionnaire chez Les Immeubles Lachance.

Pour le gestionnaire et propriétaire d’expérience, il est important de remettre un logement salubre et entretenu à ses nouveaux locataires. Il s’attend, en retour, à des locataires qui quittent leur logement avec la même préoccupation.

Des locataires face à un mur

«Je comprends la plupart des locataires. C’est difficile. Il y en a plusieurs qui doivent quitter rapidement, qui manque d’argent et de ressources», précise Pierre-Olivier Lachance.

La situation de Mélany et d’Audrey-Anne est un exemple. Les deux jeunes femmes vivaient en colocation depuis 2 ans. Elles doivent maintenant quitter leur logement puisqu’il sera détruit dans les prochains mois.

«On est chanceuse. On reçoit de l’aide, on a des amis et on a contacté les services de la Ville pour nous aider. Mais je peux comprendre que d’autres n’ont pas ce temps ou encore un cercle social prêt à les dépanner», expliquent les deux jeunes femmes.

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