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Embargo chinois: trop tôt pour l’aide aux producteurs de viande

Philippe Orfali | Journal de Montréal

AGENCE QMI, MARIO BEAUREGARD

Pas question pour l’instant d’indemniser les producteurs de porc et de bœuf qui font les frais de l’embargo chinois, a insisté mercredi la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Marie-Claude Bibeau.

Ce n’est pas demain la veille que les producteurs de porc et de bœuf du Québec toucheront l’aide réclamée par le gouvernement Legault dans la foulée des tensions économiques avec la Chine.

«C’est trop tôt pour parler d’indemnisation. On est aux stades préliminaires de cet enjeu. Notre priorité est de rouvrir le marché, on a des discussions quotidiennes avec les autorités chinoises et ça me donne espoir de régler la situation», a déclaré la ministre, à la sortie d’une rencontre avec les producteurs de porc et de bœuf canadiens, à Montréal.

«L’objectif est de rassurer notre partenaire commercial qu’il n’y aura plus de certificat inauthentique. On a proposé un plan avec des mesures additionnelles pour leur redonner confiance et pour qu’ils rouvrent le plus vite possible», a ajouté la ministre.

Les producteurs de porc et de boeuf avec qui Le Journal s’est entretenu ont dit espérer qu’Ottawa en arrive avec un plan d’aide. Mais ils se sont aussi dits rassurés par leurs échanges avec Mme Bibeau et le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, également présent mercredi.

La semaine dernière, le premier ministre Legault a demandé qu’Ottawa viennent en aide aux producteurs québécois si la Chine persistait avec son embargo sur les exportations de viande canadienne.

«Si c’est le fédéral qui est fautif, ça devrait être le fédéral qui paie», a dit M. Legault. L’industrie porcine représenterait près de 26 500 emplois, selon Québec. Environ 25% des exportations québécoises prennent la route de la Chine en temps normal.

De la ractopamine, une substance qui est interdite dans 160 pays dont la Chine, mais pas le Canada, aurait été retrouvée dans au moins une cargaison de porc canadien acheminée en Chine. Une enquête conjointe entre les deux pays a conclu que 188 certificats médicaux liés à ces produits de porcs avaient été contrefaits.