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Le système au complet «a failli» à protéger la fillette de Granby

TVA Nouvelles

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a fait connaître ses conclusions et ses recommandations à la suite de son enquête interne après le drame de Granby après la mort d’une fillette de 7 ans qui aurait été martyrisée par son père et sa belle-mère.

L’enquête déclenchée quelques jours après la mort de l’enfant a été menée par un comité de 19 personnes créé spécialement pour ce cas et s'est terminée fin juin, comme le CIUSSS avait prévu.

Un des constats est que «ce n’est pas une personne ni un service qui peut être pointé du doigt, mais bien un système complet qui a failli de plusieurs façons et à plusieurs moments».

«Le filet de protection social n’aurait pas été assez efficace pour protéger cette enfant», a affirmé le Dr Stéphane Tremblay, président-directeur général du CIUSSS de l'Estrie, en conférence de presse.

L’enquête interne démontre que de nombreux intervenants ont suivi la fillette et sa famille tout au long de sa vie.

Toutefois, l’enfant a été placée dans une «situation à haut risque avant son décès» à la suite d’une «succession d’évènements qui n’auraient pas dû se produire».

Les autorités de la santé de l'Estrie n'ont pas dévoilé la chronologie des événements qui ont mené au décès tragique de l'enfant, mais plutôt dressé un vague portrait de ce qui a fait défaut.

«Des décisions ont été prises, parfois des pratiques exemplaires n'ont pu être appliquées faute de temps, faute d'un environnement le permettant», a ajouté le Dr Tremblay.

L'enquête interne sur la DPJ ne blâme personne. «Si on veut blâmer des gens, on va laisser les policiers trouver les gens à blâmer», d’insister le président-directeur général.

Le réseau de la santé propose d'ajuster la loi sur la protection de la jeunesse pour pouvoir intervenir auprès des conjoints, ceux qu'on appelle les beaux-parents. Une proposition qui survient alors que la belle-mère de la fillette martyre est accusée de meurtre non prémédité.

Le rapport du comité fait état de 14 recommandations pour assurer la sécurité des enfants, une meilleure prise en charge par les intervenants et des mécanismes de contrôle et de suivi.

La DPJ de l'Estrie s'est engagée à revoir l'ensemble des 1900 dossiers sous sa responsabilité. Il y a 40% du travail de fait et on veut compléter l'exercice d'ici la fin du mois d'août.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant a pris connaissance du rapport de l’enquête interne et a assuré que l’ensemble des recommandations serait mis en place.

Dans un point de presse avant la diffusion des recommandations, il a affirmé qu’il y avait eu un problème de communication et que celui-ci serait abordé par la Commission Laurent.

Le ministre Carmant a également fait savoir qu'il allait attendre la fin de toutes les enquêtes avant de prendre des mesures.

Les 14 recommandations

- S’assurer que les intervenants en protection de la jeunesse se rendent dans le milieu de vie des enfants le plus souvent possible

- Garantir la planification d’une vie future stable pour les enfants de 0 à 5 ans retirés de leur milieu familial

- Proposer d’ajuster la Loi sur la protection de la jeunesse pour pouvoir intervenir auprès des conjoints qui ne sont ni les parents biologiques ni les parents d’adoption

- Harmoniser les services en CLSC sur l’ensemble de notre territoire et renforcer la communication et la collaboration avec les services spécialisés

- Accentuer le rôle conseil de certains intervenants en protection de la jeunesse auprès de leurs collègues du réseau de la santé et des services sociaux

- S’assurer d’une voie rapide et de mécanisme de transfert de dossier personnalisé entre les intervenants de la protection de la jeunesse et ceux du CLSC

- Renforcer le mécanisme de coordination entre tous les partenaires pour traiter les cas complexes afin d’éviter les délais et de clarifier l’implication de chacun

- S’assurer que chaque partenaire de l’équipe intervention jeunesse comprenne bien ses rôles et responsabilités et les actualise

- Pour les cas qui requièrent l’intervention d’un médecin, s’assurer que ce dernier soit partie prenante des mécanismes de collaboration et de communication

- Favoriser l’accès pour les intervenants, à un médecin pour les situations de négligence et d’abus physique

- Formaliser les délais de transmissions des rapports d’évaluation de la pédopsychiatrie au médecin référent

- Réviser la procédure de suivi de la qualité des milieux auxquels les enfants sont confiés

- S’assurer que les directions concernées mettent en place un plan d’action pour pérenniser les recommandations du rapport

- Intensifier les démarches pour attirer et retenir le personnel en protection de l’enfance et de la jeunesse

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