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Le lock-out chez ABI a fait perdre 400 M$ à Hydro-Québec

Pierre Couture | Le Journal de Montréal

Le long conflit de travail à l’Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) aura fait perdre plus de 400 millions $ de revenus de vente d’électricité à Hydro-Québec.

« La fin du conflit est une bonne nouvelle. ABI est un client très important et la reprise des activités va bénéficier à tous les Québécois », a résumé hier un porte-parole de la société d’État, Marc-Antoine Pouliot.

Le lock-out, qui avait débuté le 11 janvier 2018, se terminera le 26 juillet prochain avec le retour graduel au travail des employés de l’aluminerie ABI.

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Hier, les employés syndiqués d’ABI ont voté à près de 80 % en faveur du nouveau contrat de travail proposé par leur employeur. En tout et pour tout, le conflit des employés de l’aluminerie aura duré tout près de 545 jours.

Durant cette période, Hydro-Québec estime ses pertes de revenus à plus de 400 M$. Chaque journée de lock-out amenait un manque à gagner de 734 000 $ en revenu, avait estimé l’expert en énergie Jean-François Blain, embauché par les travailleurs de l’Aluminerie ABI.

En termes de profitabilité, Hydro-Québec soutient que chaque jour du conflit de travail a retranché 452 054 $ à son bénéfice net, soit l’équivalent de plus de 246 M$ sur les quelque 18 mois de conflit.

L’aluminerie, qui ne fonctionnait plus qu’au 6e de sa capacité, consomme en temps normal 730 mégawatts (MW) d’électricité par heure, soit plus de 4 térawattheures (TWh) annuellement.

Force majeure

Une clause ajoutée par l’ancien gouvernement libéral en 2014 dans le nouveau contrat de vente d’électricité entre Hydro-Québec et ABI (Alcoa et Rio Tinto) lui permettait d’ailleurs de ne payer que pour l’électricité utilisée par son aluminerie de Bécancour. Et ce, même si Hydro-Québec doit lui réserver en tout temps un imposant bloc d’électricité annuel de 4 TWh.

Selon cette clause du contrat, un « lock-out » était considéré comme un cas de « force majeure », ce qui suspendait ses obligations contractuelles. ABI n’était donc plus tenue de payer pour l’électricité non utilisée, échappant également à une pénalité annuelle de 41,9 millions $ qu’elle devrait payer pour la baisse de production.