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Les défis d'attirer des diplômés vers la protection de la jeunesse

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

Malgré l'annonce du gouvernement qui investit 47 millions $ pour embaucher 382 nouveaux professionnels à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), il reste beaucoup de travail à faire pour convaincre les jeunes diplômés à joindre l'équipe de la DPJ.

C'est ce que croit le directeur de l'École de travail social de l'Université de Sherbrooke, Paul Morin.

Le décès de la fillette martyre de Granby ce printemps a mis en lumière le manque criant de personnel à la DPJ, non seulement en Estrie, mais partout au Québec.

L'enquête interne du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie-CHUS à la suite du drame recommande entre autres d'intensifier les démarches pour attirer et retenir le personnel en protection de la jeunesse.

«C'est un grand défi», a admis le président directeur général de l'organisation, Stéphane Tremblay, mercredi.

«En protection de la jeunesse, on travaille dans un contexte où les intervenants ne sont souvent pas les bienvenus dans les familles, c'est un contexte difficile, et en plus depuis la réforme Barrette, c'est un réseau qui en arrache alors ce n'est pas invitant pour les jeunes», a mis en perspective Paul Morin.

Chaque année, environ 60 à 70 étudiants obtiennent leur diplôme de son école à Sherbrooke. Du nombre, environ 10 d’entre eux se dirigent vers la protection de la jeunesse.

«Le baccalauréat est généraliste, donc quand les finissants ont le choix d'aller travailler auprès des aînés, en santé mentale ou à la protection de la jeunesse, la protection de la jeunesse est rarement un premier choix parce que ça représente tout un défi», a soutenu M. Morin.

Au Québec, on compte huit écoles de travail social qui diplôment environ 850 à 900 étudiants. «Trente à quarante pour cent vont en gériatrie, a ajouté M. Morin. Très peu se dirigent vers la protection de la jeunesse.»

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