/news/currentevents

Une jeune femme étranglée par son voile dans un go-kart

Pascal Dugas Bourdon | Journal de Montréal

Selon un employé témoin de la scène, l’accident aurait eu lieu dans cette courbe du circuit extérieur d’Anjou, à Montréal.

Pascal Dugas Bourdon

Selon un employé témoin de la scène, l’accident aurait eu lieu dans cette courbe du circuit extérieur d’Anjou, à Montréal.

Une jeune femme de 18 ans reposait toujours à l’hôpital dans un état grave, hier soir, après avoir été étranglée par son hidjab qui s’est coincé dans la roue d’un go-kart qu’elle pilotait sur un circuit récréatif, à Montréal.

« Quand on a coupé le hidjab, elle s’est remise à respirer. C’était comme dans un film », a relaté au Journal Detroyt Pereira, un employé du Parc d’Amusement Anjou, rencontré hier soir sur son lieu de travail.

L’accident est survenu peu avant minuit, mardi. La victime prenait part à une course amicale avec son frère et deux amis, qui ont été témoins de la scène d’horreur.

Dans une courbe à quelques mètres du drapeau à damier marquant la fin du dernier tour, la jeune femme se serait trouvée en difficulté.

Alertés, des employés postés près du circuit illuminé par de puissants lampadaires se sont portés à son secours. Ils ont rapidement réussi à couper la pièce de tissu et à la dégager de sa fâcheuse position.

Peu après, les ambulanciers ont pris en charge la victime, qui a été transportée à l’hôpital dans un état inquiétant, a confirmé la police de Montréal.

« Pendant la nuit, l’état de santé de la victime s’est aggravé », a d’ailleurs indiqué Raphaël Bergeron, porte-parole pour le Service de police de la Ville de Montréal.

Son état était toujours jugé sérieux hier en soirée, a précisé le policier.

Le propriétaire du Parc d’Amusement, Amedeo Ceccon, a confié hier être secoué par le drame.

« On est tous sous le choc, je vous dirais », a-t-il soufflé.

Il assure que ses employés ont averti « à plusieurs reprises » la jeune femme des risques associés au port de ce foulard lors d’une course de kart.

Un refus coûteux

Refusant de le retirer, celle-ci aurait plutôt décidé de le coincer à l’intérieur de ses vêtements, une solution qui s’est malheureusement avérée inefficace.

« C’est une auto qui roule assez vite, à 30, 40, 50 km/h, alors [le foulard] est parti au vent », a expliqué M. Ceccon.

« On essaie de les avertir, mais souvent elles se fâchent contre nous. Elles ne veulent pas l’enlever. N’importe quelle chose qui pend, c’est dangereux. Les cheveux longs, on les attache », a-t-il ajouté.

Par souci de sécurité, le propriétaire avoue envisager d’interdire aux femmes qui portent un foulard de parcourir le circuit, même s’il conçoit qu’il s’agit d’une « question assez délicate ».