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Tannée d’être prise pour un dépotoir

Stéphanie Gendron

 - Journal de Montreal

Courtoisie

La directrice d’une friperie de l’est du Québec s’insurge contre la piètre qualité des objets laissés par des donateurs qui semblent considérer son établissement comme un «dépotoir».

Le Centre d’aubaines Lions de La Pocatière, au Bas-Saint-Laurent, qui vend des vêtements et objets donnés par la communauté à petits prix pour les démunis, reçoit chaque semaine une grande quantité de vêtements brisés, de sous-vêtements souillés ou d’appareils qui ne fonctionnent pas, laissés par des donateurs.

Selon la directrice Gilda D’Anjou, les bénévoles et elle passent beaucoup trop de temps à trier les sièges d’automobile dont la date est dépassée, les chaises berçantes rafistolées, les vêtements remplis de trous ou les maillots ou sous-vêtements souillés. Ils reçoivent même des sacs avec des serviettes hygiéniques et des couches sales.

«Ils se débarrassent comme si c’était un dépotoir, ici. J’ai reçu des suits d’enfants que je ne mettrais pas à mon chien. C’est taché, c’est déchiré, le zipper est arraché. Je les prends d’une main et je les mets dans le bac, de l’autre bord», déplore-t-elle.

Pire qu’avant

Chaque semaine, Mme D’Anjou dit envoyer à Entraide Diabétique 100 sacs de vidanges de vêtements qu’elle ne peut pas vendre. Un autre tri est alors fait et les tissus sont déchiquetés.

Elle affirme jeter l’équivalent d’au moins deux paniers d’épicerie de «cochonneries» irrécupérables par jour, comme des grille-pain qui ne fonctionnent pas.

«Même les gens qui font des ventes de garage, quand ils ferment leurs marchés aux puces, ils partent avec ça et viennent porter ça dans la cour, ici», déplore-t-elle.

Selon Mme D’Anjou, la situation a empiré ces dernières années. Avant, les bénévoles avaient le temps en hiver de défaire de vieux gilets de laine pour revendre la laine, mais aujourd’hui, ce n’est plus possible en raison du temps qu’ils doivent prendre pour faire le tri.

Friperie

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À Québec

Le Comptoir Emmaüs de Québec estime de son côté que le quart de ce qu’il reçoit ne peut être revendu : électroménagers rouillés, appareils dont les trois quarts des morceaux manquent ou des boîtes de livres moisis. Le centre doit même parfois payer pour débarrasser ce que les citoyens apportent.

«Des fois, le monde nous appelle pour vérifier si on prend telle ou telle affaire, comme des meubles en mélamine, on ne prend pas ça, parce qu’on ramène ça ici, ça tombe en morceaux et il faut qu’on paye pour débarrasser», dit Guy Chisholm, assistant-gérant.

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Vérifier

Tous suggèrent que, dans le doute, les gens appellent pour vérifier s’ils peuvent apporter les objets ou pas.

Les donateurs devraient aussi faire le tri eux-mêmes vers le dépotoir, le recyclage ou l’écocentre, selon ce qu’ils ont à se débarrasser.

«Si toi, tu le rachetais en magasin, apporte-le. Sinon, fais comme moi, mets-le au bac à vidange chez toi. Ce n’est pas parce que quelqu’un est pauvre et qu’il s’achète une chemise à 5 $ qu’il va acheter de la cochonnerie», conclut Gilda D’Anjou.

 

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