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Près de 200 plaintes de vol d’identité liées à la fuite de Desjardins

Francis Halin | Le Journal de Montréal

Près de 200 plaintes liées au vol de données de Desjardins ont été reçues par le Centre antifraude du Canada (CAFC) en l’espace d’à peine deux semaines, a appris Le Journal de Montréal.

«Entre le 20 juin et le 4 juillet, nous avons reçu 191 plaintes de vol d’identité reliées à la brèche d’informations chez Desjardins», a confirmé au Journal la superviseure du centre d’appel du Centre antifraude du Canada (CAFC), Lisanne Roy Beauchamp.

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Pour l’instant, l’organisme fédéral qui recueille l’information et les renseignements criminels sur les plaintes ne peut pas encore les relier à des cas spécifiques de fraude.

«On a reçu quelques appels de personnes qui s’estiment aussi être victimes de fraudes d’identité, mais on ne peut pas prouver si la fraude a eu lieu avant ou après la fuite de Desjardins», poursuit Mme Roy Beauchamp.

Fuite historique

Entre-temps, Mme Roy Beauchamp et son équipe gardent l’œil ouvert et n’hésitent pas à qualifier la fuite de Desjardins «d’historique».

«Ça pourrait bien être une des plus importantes brèches de données de l’histoire récente du Québec», va-t-elle jusqu’à dire.

Fin juin, au lendemain de l’annonce de la fuite, le CAFC avait invité les victimes à se méfier des courriels, appels ou envois postaux douteux, un conseil qui tient toujours.

L’organisme avait aussi mis en garde les membres de Desjardins contre des fraudeurs qui pourraient essayer de se faire passer pour des employés de l’institution pour les arnaquer.

Pétition en ligne

Par ailleurs, pour éviter une vague de fraudes à grande échelle, une pétition en ligne vient d’être lancée pour qu’Ottawa change les numéros d’assurance sociale (NAS) des 2,7 millions de membres de Desjardins touchés par la fuite.

Dans la pétition, son responsable, Pierre Langlois, soutient que cette brèche «fait courir un risque de vol d’identité sévère» et souligne que le gouvernement ne devrait pas exclure le remplacement du NAS des personnes touchées.

Samedi midi, plus de 40 000 personnes avaient signé la pétition qui dénonce que les victimes sont «pénalisées» par un «système désuet».

En matinée, le ministre fédéral Jean-Yves Duclos assurait que le gouvernement prend la situation au sérieux.

«Nous estimons que toute atteinte à la sécurité touchant les renseignements relatifs aux numéros d'assurance sociale est très grave. Notre gouvernement est en communication avec l'Autorité des marchés financiers afin d'offrir tout le support nécessaire dans ce dossier», a réagi son cabinet dans un communiqué.

– Avec la collaboration de Jean-Michel Genois Gagnon