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Orphelins de Duplessis: le tiers des demandes d'indemnisation rejetées

Pierre-Antoine Gosselin

 - Agence QMI

Le tiers des demandes d'indemnisation formulées par des orphelins de Duplessis en vertu d'une entente conclue avec Québec en 2001 ont été rejetées au fil des ans, a appris TVA Nouvelles.

Les orphelins de Duplessis, ces milliers d'enfants placés dans des institutions psychiatriques entre 1940 et 1970, ont subi d'abus et de maltraitance. Ils ont accepté le 30 juin 2001 une offre d'indemnisation de 25 000 $ pour les sévices qu'ils ont subis.

Dix-huit ans plus tard, 6 510 demandes d'aides financières ont été reçues par Québec. Du nombre, 2 092 ont été refusées.

Lise Côté, une orpheline de Duplessis, a fréquenté plusieurs orphelinats et couvents de Québec dans les années 60.

«Ça arrivait souvent que les enfants étaient placés. Lorsque les familles se retrouvaient dans une mauvaise passe, elles les plaçaient», a expliqué Mme Côté à TVA Nouvelles.

Elle-même n'y est cependant pas restée assez longtemps au goût du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, qui a refusé sa demande de compensation financière.

«Ils me disaient que je n’y avais pas passé suffisamment de temps, qu’il ne réussissait pas à prouver le fait que j’ai fréquenté un endroit dans certains cas», a déploré Lise Côté.

De son côté, Jean-Paul Lavoie, un orphelin de Duplessis qui habite Saguenay, n'a eu aucune réponse à sa demande. Son dossier aurait été perdu.

«Je n’ai pas eu une cent. Ils ne se sont jamais excusés. Pourtant, j’en ai reçu des coups en arrière de la tête, à genou dans le coin pendant des heures», a-t-il raconté.

Entre 1940 et 1970, de nombreux enfants laissés à l'abandon se sont retrouvés dans différents instituts au Québec. Plusieurs d'entre eux y ont subi des sévices physiques et psychologiques.

Plusieurs orphelins de Duplessis ont tourné la page sur cette période pénible de leur vie. Par contre, d’autres vivent encore avec des séquelles psychologiques et croient qu’aucune somme d’argent ne sera assez importante pour oublier ces souffrances.