/news/currentevents

Une chute dangereuse à cause d’un banal nid-de-poule

TVA Nouvelles

Les nids-de-poule, un embêtement important pour les automobilistes, peuvent s’avérer carrément dangereux pour les cyclistes. Une étudiante montréalaise l’a appris à ses dépens... Elle en conserve d’ailleurs un souvenir douloureux et bien apparent.

De retour du travail, Justine Brassard roulait à vélo, rue Sauriol dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, jeudi soir dernier. À 22h30, la noirceur était bien tombée, et l’éclairage insuffisant de l’artère ne lui permettait pas de voir la chaussée avec précision.

C’est alors que sa roue s’est coincée dans un nid-de-poule, pas si impressionnant pour une voiture, mais qui peut s’avérer sans pitié pour une bicyclette. Résultat: l’arrêt brutal l’a projetée violemment vers l’avant. «Je suis tombée tête première au sol», raconte-t-elle.

 

La jeune femme de 19 ans, qui a partagé son histoire sur la page Facebook de TVA Nouvelles, n’est pas en mesure de dire si elle a perdu connaissance sur le coup, mais elle hérite d’importantes ecchymoses, toujours bien visibles sur son visage. Elle a tout de même été en mesure de se rendre jusqu’à une maison du voisinage pour demander de l’aide.

«Elle était sous le choc. Elle a sonné chez nous. Quand on a ouvert la porte, j'ai vu son visage enflé... Je me souviens, elle avait aussi un gros hématome sur l'épaule», rapporte cellui qui l'a accueillie, Sidi Mammar. Ce dernier l'a conduite à l'hôpital, une bonne action qu'il décrit comme un «geste citoyen». C'est là qu'on lui a diagnostiqué une commotion cérébrale.

Sa monture était bien munie de lumières à l'avant et à l'arrière, et de réflecteurs, comme la loi l'indique. Justine admet cependant qu’elle ne portait pas de casque. «Mais je ne suis pas convaincue que ça aurait changé grand-chose vu l’emplacement de l’impact», assure-t-elle. Elle a toutefois bien l’intention d’en porter un à l’avenir, désormais sensibilisée aux risques de ce sport, et invite les autres cyclistes à faire de même.

Par ailleurs, elle n'avait pas le choix de rouler dans le milieu de la chaussée parce que des voitures stationnées l'empêchaient de rouler en bordure de rue. La rue Sauriol est une artère tranquille, qu’elle emprunte pour des raisons de sécurité, parce qu’il y a moins de circulation automobile. De toute façon, il n'existe pas de piste cyclable qui lui permette de se rendre chez elle.

Aujourd’hui, elle souhaite parler de sa situation pour dénoncer l’état des rues. Justine Brassard estime qu’il faut investir davantage pour réparer les chaussées. Elle croit qu’il est impératif de trouver des solutions à long terme pour entretenir le réseau routier de la métropole, qui semble être en réparation perpétuelle.

«C’est pas normal de retrouver des routes dans cet état-là. Je pense qu’on a constaté les dégâts; il reste maintenant à entrer en action. [...] C’est pas normal que nos routes soient à refaire d’année en année», a-t-elle déploré.

La Ville de Montréal a réagi à cette histoire sur l'heure du midi, confirmant qu'ils enverraient une équipe pour colmater le nid-de-poule en question au cours de la journée, au plus tard demain.