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Les parents de Vincent Lambert se résignent à sa mort, «désormais inéluctable»

Agence France-Presse

Les parents de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis presque 11 ans et devenu le symbole du débat en France sur la fin de vie, se sont résignés lundi à la mort «inéluctable» de leur fils, après l'arrêt des traitements le maintenant en vie.

«La mort de Vincent est désormais inéluctable» et «nous ne pouvons que nous (y) résigner», ont déclaré lundi ses parents dans une lettre ouverte communiquée à l'AFP par l'un de leurs avocats.

«Cette fois, c'est terminé. Nos avocats ont multiplié ces derniers jours encore les recours et mené d'ultimes actions pour faire respecter le recours suspensif devant l'ONU qui bénéficiait à Vincent. En vain», écrivent Viviane et Pierre Lambert ainsi que la soeur de Vincent, Anne Lambert, et son demi-frère David Philippon dans ce courrier adressé à leurs «amis» qui les ont «tant soutenus» ces dernières années.

Le médecin de Vincent Lambert, hospitalisé à Reims après un accident de voiture en 2008, a engagé mardi 2 juillet un nouvel arrêt des traitements, effectif depuis mercredi soir. Cette décision a été rendue possible le 28 juin par la Cour de cassation. Le protocole médical prévoit notamment l'arrêt de l'hydratation et de la nutrition par sonde du patient ainsi qu'une «sédation profonde et continue».

La mort de Vincent Lambert, 42 ans, «lui a été imposée à lui comme à nous. Si nous ne l'acceptons pas, nous ne pouvons que nous résigner dans la douleur, l'incompréhension, mais aussi dans l'espérance», ajoutent ces fervents catholiques.

Leurs avocats, qui avaient déposé vendredi une plainte pour tentative d'homicide en bande organisée devant le tribunal de Reims selon des sources concordantes, ont eux aussi acté un peu plus tard dans un communiqué que le décès de M. Lambert était dorénavant «médicalement irréversible».

L'affaire Vincent Lambert est aussi l'histoire d'un déchirement familial. L'épouse, Rachel Lambert, ainsi que six de ses frères et soeurs et son neveu François plaident depuis des années, à l'inverse des parents, contre tout «acharnement thérapeutique» et pour le laisser mourir.

Selon eux, Vincent leur avait confié oralement préférer mourir que vivre «comme un légume». Il n'a toutefois jamais rédigé de directive anticipée.

La résignation des parents intervient alors que dimanche, le père de Vincent Lambert avait dénoncé un «assassinat déguisé» en cours.

Sortant de la chambre de Vincent Lambert au moment de la publication de la lettre de leurs parents, sa soeur Marie a en revanche salué «une sage décision». Le neveu de Vincent Lambert, François, s'est quant à lui dit «soulagé».