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Plus de cyclistes et de piétons peuvent «troquer leur ticket»

Daphnée Hacker-B. | Le Journal de Montréal

 - Agence QMI

Seize postes de quartier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) offrent maintenant à certains cyclistes et piétons de «troquer leur ticket» contre une formation sur la sécurité routière. Ce programme, qui serait aussi bien nécessaire pour plusieurs automobilistes, ne leur est toutefois pas proposé.

Le SPVM a repris l’idée «Troque ton ticket» de la police de Longueuil en 2017, avec quatre postes de quartier. Deux ans plus tard, quatre fois plus de postes sur un total de 31 y participent.

Que ce soit clair: ce n’est pas tout le monde qui peut «troquer son ticket», mais seulement ceux qui sont interceptés dans le cadre des opérations policières liées au programme. Autrement dit, si un policier vous remet une contravention sans vous offrir l’option de la troquer, vous devez la payer.

J’ai assisté à une opération durant laquelle des agents du secteur La Petite-Patrie ont intercepté quelques dizaines de cyclistes. Pour la plupart en route vers le travail, certains brûlaient leurs arrêts obligatoires et d’autres portaient des écouteurs (une belle contravention de 128 $). Disons que le degré d’enthousiasme envers «Troque ton ticket» variait d’un cycliste à l’autre:

«C’est une belle idée.»

«Je trouve que c’est malhonnête.»

«Pour être honnête, je suis vraiment indifférent.»

Pourquoi pas les automobilistes?

«Le but du programme est d’offrir une séance d’environ une heure aux usagers les plus vulnérables de la route pour faire le tour des règles qui les concernent», explique Roxane Rivard, conseillère en sécurité routière au SPVM.

L’agente Rivard explique que contrairement aux automobilistes, plusieurs personnes circulant en vélo ou à pied n’ont jamais eu à passer un test qui oblige à étudier le Code de la sécurité routière. C’est pour des raisons de «complexité administrative» qu’il est pour l’instant impossible d’offrir «Troque ton ticket» aux automobilistes.

«C’est dommage, car clairement il y a un bon nombre d’automobilistes à qui une séance de rafraîchissement des règles avec la police ne ferait pas de tort», lance Marie-Soleil Cloutier, experte en sécurité routière à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Du même avis, le professeur en urbanisme Kevin Manaugh de l’Université McGill pense que ces séances peuvent aider à améliorer les comportements des cyclistes et des piétons, mais il ne faut pas croire qu’elles ont un réel impact sur le bilan routier. La majorité des accidents sont causés par les automobilistes, rappelle-t-il.

Des séances informatives

En moyenne, plus de la moitié des cyclistes et des piétons interceptés participent aux séances. J’ai assisté à l’une d’entre elles, où près d’une trentaine de cyclistes se sont présentés, dont plusieurs à reculons. Au final, ils ont été nombreux, comme moi, à trouver l’expérience informative:

«J’ai appris des règles méconnues»

«J’ai trouvé ça utile et interactif»

«C’était bien, mais je ne sais pas si je vais plus respecter les règles pour autant...»

En effet, certains connaissent les règles de la route et ne les respectent pas... Une chose est certaine, ils ne pourront plus dire «je ne le savais pas» quand ils se feront de nouveau pincer!

Jeu-questionnaire: connaissez-vous les règles à vélo?

1- A-t-on le droit de passer sur un feu piéton même si la lumière est rouge?

2- A-t-on le droit de circuler sur les voies réservées aux autobus et aux taxis?

3- A-t-on le droit de porter des écouteurs?

4- Pour faire un virage à gauche, un vélo peut-il se mettre sur la voie automobile de gauche?

Réponses:

1- Oui, depuis le 18 avril dernier

2- Non, à moins qu’il soit indiqué que les vélos sont admis

3- Non, mais le SPVM tolère les écouteurs extra-auriculaires

4- Oui, mais il est aussi possible de faire un virage de type «piéton»

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