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Il poursuit un homme et le défigure à l'X-ACTO

Simon Dessureault - Le Journal de Montréal

AGENCE QMI, ERIK PETERS

Un homme de 28 ans a reconnu mardi s’être livré à une folle poursuite automobile qui s’est terminée par une agression sauvage à l’X-ACTO.

Benjamin Dalphond a plaidé coupable mardi au palais de justice de Joliette à des accusations de port d’armes dans un dessein dangereux, voies de fait et voies de fait avec lésions pour avoir, entre autres, défiguré Frédérick Lévesque dans ce qui a tout l’air d’être un cas de rage au volant.

Tout a commencé quand le véhicule de l’accusé, une Nissan Versa rouge, et la Hyundai Elantra grise dans laquelle se trouvait la victime sur le siège du passager avant se sont croisés le 2 avril à l’entrée de la ville de L’Assomption, au feu de circulation de la route 341, vers 22 h 30, selon ce qu’a exposé la Couronne mardi.

Puis, les deux véhicules se sont immobilisés l’un à côté de l’autre à un arrêt obligatoire, quelques minutes plus tard, a raconté Me Louis-Christian Boisvert.

« La Nissan est partie subitement et a bloqué le chemin à la Hyundai, et ce, sans raison », a-t-il poursuivi.

Agressif

Toujours selon le procureur, Dalphond est sorti de son véhicule dans un état agressif et a demandé à M. Lévesque et à ses deux amis s’ils avaient un problème.

« Les passagers ne comprenaient pas pourquoi il demandait ça. L’accusé les a invités à se battre. L’accusé s’est dirigé vers la fenêtre du conducteur et il lui a dit : “Tu vas avoir un problème.” Le conducteur de la Hyundai a eu peur, il a barré ses portes et a remonté sa fenêtre », a continué Me Boisvert.

M. Lévesque est cependant sorti du véhicule.

« L’accusé s’est jeté sur lui et il a tenté de le frapper à plusieurs reprises. Frédérick Lévesque a cependant réussi à le maîtriser au sol. Il a demandé à l’accusé d’arrêter et ce dernier a dit oui », a relaté Me Boisvert.

Reprise des hostilités

Les véhicules ont repris le chemin vers le centre-ville. Ils se sont retrouvés l’un en arrière de l’autre à un feu de circulation, peu de temps après.

« La Hyundai s’est immobilisée derrière pour ne pas envenimer les choses et l’accusé est resté immobilisé au feu vert durant 20 secondes », a ajouté l’avocat.

Après avoir fait demi-tour dans un stationnement parce que l’autre véhicule attendait le feu rouge, Dalphond a poursuivi la Hyundai, même dans des petites rues. Il l’a suivie jusqu’à la rue Bégonia, où réside M. Lévesque.

« Benjamin Dalphond est sorti de son véhicule et il s’est alors rué sur Frédérick Lévesque pour lui asséner un coup de couteau au visage, a dit Me Boisvert. L’accusé a avoué que l’arme du crime était un X-ACTO, dans un interrogatoire policier. »

Les policiers avaient effectivement trouvé du sang sur l’X-ACTO dans le véhicule de Dalphond.

Lacérations profondes

Les amis de la victime ont appelé le 911 après que l’accusé a pris la fuite, mais il a vite été retrouvé par un policier.

« Ce dernier l’a reconnu parce qu’il a des trous dans les oreilles », a ajouté le procureur, faisant référence aux perçages et aux boucles d’oreilles de type stretcher.

Frédérick Lévesque a subi une lacération profonde au front qui a failli atteindre son crâne. Ses artères ont été sectionnées et la blessure a même nécessité l’intervention d’un plasticien.

Il est maintenant sur une liste d’attente pour une chirurgie esthétique.

♦ Les observations sur la peine auront lieu le 21 octobre.