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La SQ et son ex-patron visés par une poursuite de plus de 1,6 million $

Magalie Lapointe | Journal de Montréal

ARCHIVES/JOURNAL DE MONTRÉAL

Un policier retraité poursuit pour 1 675 000 $ la Sûreté du Québec et son ancien directeur général Martin Prud’homme, pour des allégations de corruption non fondées et n’ayant jamais abouti à ce jour, selon la requête.

L’officier Jean Cowan, suspendu depuis septembre 2016 et soupçonné de corruption, aurait reçu près de 20 000 $ en cadeaux de la part de l’ex-directeur des services gouvernementaux de Bell Canada, Louis Martel, entre 2004 et 2015.

Or, selon la poursuite déposée au palais de justice de Montréal vendredi dernier, la Sûreté du Québec (SQ) a été «limpide comme de l’eau de roche».

«On le maintient [Jean Cowan] dans l’ignorance, afin qu’il quitte ses fonctions, qu’il démissionne ou qu’il prenne tout simplement sa retraite», peut-on lire.

Enquête de l’UPAC

La vie de l’homme de 61 ans a basculé le 7 juillet 2016, dans un Tim Hortons de Mont-Saint-Hilaire.

C’est lors d’une rencontre avec le directeur adjoint de Martin Prud’homme, Sylvain Caron, que M. Cowan a appris que 16 allégations criminelles étaient recensées à son endroit. Elles étaient toutes en lien avec son ami Louis Martel.

Or, depuis que ces allégations sont portées contre M. Cowan, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) n’a jamais rencontré M. Martel, ce que dénonce l’ancien haut gradé.

«L’enquête de l’UPAC a été faite hors-norme usuelle, sans rigueur, n’ayant aucunement vérifié leurs allégations auprès du principal intéressé Martel», est-il écrit dans la poursuite.

Conséquences

D’après la requête, M. Cowan a perdu plusieurs opportunités d’emploi, a vécu de la colère, de l’angoisse, de l’anxiété et a été forcé de quitter la SQ après deux ans et demi en arrêt de travail.

La SQ n’aurait rien fait «pour éviter un tapage médiatique sans précédent pour une histoire sans fondement», décrit-on dans le document.

– Avec Michaël Nguyen