/news/law

Loi sur la laïcité: le débat devant les tribunaux

Michaël Nguyen | Journal de Montréal

La Loi sur la laïcité est «explicitement discriminatoire» tout en étant inconstitutionnelle, a plaidé ce matin l’avocate de groupes canadiens visant à faire invalider la loi.

«[La loi] cause un préjudice grave. Ce qu’on demande est exceptionnel, mais cette loi l’est tout autant», a déclaré en anglais l’avocate Catherine McKenzie, aujourd'hui, au palais de justice de Montréal.

Dans une salle bondée d’opposants à la loi sur la laïcité, l’avocate a livré un vibrant plaidoyer contre le «grand changement» qu’apporte cette loi dans la vie de certaines personnes.

«Elle change la façon de pratiquer sa foi dans la vie de tous les jours ainsi que dans les interactions de ces personnes avec l’État», a fait valoir l’avocate.

Le 16 juin dernier, le gouvernement Legault a adopté sous bâillon son projet de loi sur la laïcité, qui interdit le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité. Cela inclut entre autres les juges, les policiers, les procureurs, les gardiens de prison et les enseignants, dans le cadre de leurs fonctions.

Aux yeux du Conseil national des musulmans canadiens et de l’Association canadienne des libertés civiles, deux groupes basés en Ontario, l’Assemblée nationale n’a pas le pouvoir d’adopter une telle loi, qui mène à des «changements fondamentaux des institutions publiques».

«Des milliers de personnes se font dire d’oublier toute possible participation aux institutions de l’État, en se basant purement sur qui ils sont», déplorent-ils dans leur contestation judiciaire.

Une étudiante québécoise voulant enseigner bien qu’elle porte le voile fait aussi partie du recours.

«Ichrak Nourel Hak veut avoir l’opportunité d’être une force de changement positif dans la vie de jeunes élèves en leur donnant la meilleure éducation possible», peut-on lire dans la poursuite civile.

Le procureur général du Québec, qui est évidemment en faveur de la loi, plaidera cet après-midi.