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Près de la moitié des enfants autochtones vivent dans la pauvreté

Emmanuel Martinez | Agence QMI

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Près de la moitié des enfants autochtones vivent dans la pauvreté au Canada, mais c’est au Québec que la proportion est la plus faible dans les réserves, selon un rapport publié mardi.

L’étude menée par l’Assemblée des Premières Nations (APN), le Centre canadien des politiques alternatives et l’organisme Upstream indique que 47% des enfants autochtones vivent dans la pauvreté, soit 53% de ceux dans les réserves et 41% de ceux vivant hors réserves.

S’appuyant sur les recensements de 2006 et 2016, ainsi que sur l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, ce rapport souligne que «les enfants dans les réserves sont quatre fois plus susceptibles que les enfants non autochtones au Canada de vivre dans la pauvreté».

«Les conclusions de ce rapport sont honteuses et mettent en lumière le besoin urgent d'investir pour les enfants, les familles et les collectivités des Premières Nations. Nos enfants font face aux pires conditions sociales et économiques au pays. Ils méritent d'obtenir une occasion de réussir», a affirmé le chef national de l’APN Perry Bellegarde, par communiqué.

Mieux au Québec

Le Québec est de loin la province où les jeunes autochtones des réserves sont les moins touchés par la pauvreté, puisque 29 % se trouvaient dans de telles conditions en 2016, lors du dernier recensement. Le taux de 15 % pour les enfants cris de la région de la baie James (Eeyou Itschee) explique notamment pourquoi le Québec se tire mieux d’affaire, même si le taux de pauvreté général chez les enfants autochtones de la province est plus élevé que pour les autres jeunes. Le rapport précise que le faible taux chez les cris de la baie James «est une réussite unique et importante». Il l’explique par les redevances liées aux projets d’hydroélectricité qui ont contrebalancé «le manque de fonds chronique du fédéral».

À 65 %, la Saskatchewan et le Manitoba ont les pires taux de pauvreté infantile au pays pour les autochtones vivant dans une réserve.

Du côté des enfants inuits, le taux de pauvreté est aussi significativement plus bas au Québec (16 %) qu’au Labrador, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, qui a le taux le plus élevé à 30 %. Le rapport soutient que le taux au Nunavik, la région québécoise où vivent les Inuits, est «remarquable» considérant que ces communautés sont isolées et souvent accessibles seulement par la voie des airs. Le partage des revenus liés aux ressources naturelles expliquerait le meilleur sort des Inuits du Québec, selon cette étude.

Face à ces constats, l’Assemblée des Premières Nations a demandé au fédéral d’agir pour améliorer les conditions de vie des enfants autochtones.

«Le Canada n'a pas étudié le niveau de pauvreté dans les réserves, et c'est une des raisons pour lesquelles la situation ne s'améliore pas. Nous avons besoin d'une combinaison de volonté politique, d'action, de collaboration entre les gouvernements et de placement durable dans l'eau, l'infrastructure, le logement et l'éducation pour aider les enfants des Premières Nations à réussir et à avoir un bon départ dans la vie», a déclaré le chef national Perry Bellegarde.