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Un chauffeur de taxi aurait forcé des becs

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

MARTIN ALARIE/JOURNAL DE MONTRÉAL

Un chauffeur de taxi des Laurentides accusé d’agression sexuelle sur une employée de Garda a fermement nié, mardi, l’avoir embrassée de force dans sa voiture, alors qu’elle était en service.

«Je vous jure que je n’ai jamais eu d’accolade avec elle, a plaidé Rabah Bounab, au sujet de ce qui serait survenu dans la nuit du 17 juin 2018, à Saint-Sauveur. C’est elle qui m’a embrassé deux ou trois fois. Je n’ai pas utilisé la force et ne l’ai pas touchée.»

Le procès de l’homme de 61 ans se déroulait mardi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Les faits reprochés se seraient produits vers minuit, quand une agente de sécurité qu’il connaissait depuis peu s’est garée à la station-service Esso, à l’intersection du chemin Jean-Adam et de l’avenue de la Gare, durant son quart de travail. Les deux se croisaient souvent dans le secteur et avaient un ami commun, selon ce qui a été relaté devant le tribunal.

Plat de couscous

Le chauffeur de taxi marié depuis 29 ans dit s’être approché de la présumée victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de la cour, afin de récupérer un plat de couscous qu’il lui avait offert quelques jours plus tôt.

Celle-ci aurait alors sorti la tête de son véhicule pour l’embrasser à deux reprises sur la bouche, a affirmé Bounab, qui aurait demandé s’il pouvait en obtenir un troisième.

«C’est là qu’elle a dit qu’elle avait quelqu’un dans sa vie et elle m’a embrassé encore. C’est tout», a soutenu l’accusé.

La plaignante a pourtant livré une version bien différente au tribunal.

Selon elle, Bounab aurait plutôt entré sa tête dans l’embrasure de la vitre du côté conducteur afin de l’embrasser langoureusement et avec force, tout en lui pressant la main gauche contre la poitrine.

«T’es une belle femme. Tu vas voir, on va s’occuper de toi. Ça va être notre jardin secret», lui aurait-il lancé.

«Arrête ! Arrête ! aurait insisté l’employée de Garda. C’est pas correct ! Tu as une femme.»

Des excuses

Après les événements, des appels ont été échangés entre les deux individus, dans lesquels l’accusé présente ses excuses à la dame.

«Je ne veux plus que tu m’approches», a toutefois dit Bounab à la dame, dans un enregistrement téléphonique présenté à la cour, après qu’elle avait appelé sa femme.

«C’est correct. T’inquiète. C’est fini», a-t-elle répondu.

«Je me sentais mal d’avoir fait ça à ma femme et je ne voulais pas briser sa [propre] relation», a expliqué l’accusé à la juge Sophie Lavergne, mardi.

Celle-ci devra évaluer la crédibilité de ces deux témoignages contradictoires pour rendre son verdict. Les plaidoiries des avocats auront lieu vendredi.

– Avec Christian Plouffe