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La pénurie de main-d'oeuvre menace Tadoussac

Olivier Roy-Martin | TVA Nouvelles

La municipalité de Tadoussac admet que la pénurie de main-d’oeuvre «menace» son principal moteur économique, l’industrie touristique. Selon un sondage, des commerçants sous pression sont de moins en moins motivés à rester dans l’industrie.

L’an dernier, la pénurie de main-d’œuvre a notamment forcé le PDG du restaurant le «Chantmartin», Dany Tremblay, à travailler en cuisine pour la première fois en 17 ans.

«Retourner travailler en cuisine après 17 ans, ça se fait bien. Je suis content de rapatrier nos troupes, les remettre dans le droit chemin. Mais est-ce que je peux tenir cette cadence-là longtemps? C’est très difficile», explique-t-il.

Il n’est pas le seul à vivre directement les impacts de la pénurie de main-d’œuvre.

Il s’agit même d’un problème généralisé, selon l’agente au développement économique de la municipalité, Andréanne Jean.

«Au niveau du développement de l’entreprise, au niveau de la rétention, il y a plusieurs facteurs qui font en sorte que ce sont des difficultés pour les entreprises», dit-elle.

«On parle d’une menace parce que ça vient mettre un frein au développement de notre industrie première ici à Tadoussac.»

La municipalité a effectué un sondage l’automne dernier auprès de 23 gestionnaires ou propriétaires de commerces de la ville et a rendu public des résultats alarmants il y a quelques semaines:

- 50% voient leur chiffre d’affaires affecté

- 80% voient leur qualité de vie diminuée

- 56% sont moins motivés à poursuivre dans l’industrie

Travailleurs étrangers

Toujours motivé à brasser des affaires, Dany Tremblay s’est tourné vers une agence qui lui fournit deux travailleurs mexicains.

Cela lui épargne les démarches pour l’immigration, mais lui coûte 25$ par heure travaillée, en plus du logement.

Les travailleurs seraient payés au salaire minimum par l’agence, selon Dany Tremblay.

«Par le biais d’une agence, on n’a pas besoin de les recruter. On les appelle, combien en voulez-vous? Un, deux, trois, quatre? On doit les loger, mais ce sont des travailleurs qui veulent travailler six jours, même sept jours par semaine, probablement au salaire minimum.»

L’une des causes de cette pénurie à Tadoussac est le manque de logements pour les travailleurs.

La Ville compte s’attaquer à ce problème dans un plan d’action qui se veut ambitieux, mais pour lequel elle ne fournit pour le moment pas de détails.