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Mise en demeure de 1,14 million $ après la mort de la mère de Gilles Duceppe

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Gilles Duceppe et ses frères et sœurs mettent en demeure le Lux Gouverneur Montréal pour plus d’un million de dollars après la mort de leur mère décédée d’hypothermie en janvier dernier.

TVA Nouvelles a appris que la famille Duceppe (Gilles, Anne, Yves, Monique Louise, Pierre et Claude) a envoyé mercredi via leur avocat du cabinet Trivium une mise en demeure au Lux Gouverneur en lien avec le décès tragique de leur mère.

Ils réclament la somme de 1 140 000$ à titre d’indemnisation pour les souffrances et en guise de dommage punitif pour atteinte illicite et intentionnelle aux droits fondamentaux.

«Le 20 janvier dernier, Hélène Rowley Hotte est décédée d’hypothermie dans des conditions atroces et inhumaines. Nos clients sont encore sous le choc de la perte de leur mère dans de pareilles circonstances. Les derniers instants de la vie de Mme Rowley ont été ignobles, cette dernière a fait preuve d’une grande combativité en s’accrochant à la vie jusqu’au dernier souffle, puisant une force que peu de gens n’auraient eue. De toute évidence, Mme Rowley voulait encore vivre jusqu’à la toute fin», peut-on lire dans la mise en demeure.

L’avocat de la famille Duceppe, Me Marc-Antoine Cloutier, soutient par écrit dans la mise en demeure que le décès aurait pu être évité si le Lux Gouverneur n’avait pas fait preuve d’irresponsabilité, de négligence, d’incurie et d’insouciante, tel qu’il est mentionné dans le rapport de la coroner rendu public le 4 juin dernier.

«Le rapport est clair et sans ambiguïté, bien que le décès de Mme Rowley puisse être caractérisé comme "accidentel", ce dernier aurait pu être évité si vous aviez agi et pris les décisions appropriées. La simple lecture du rapport fait état d’une situation gravement négligente, voire une lourde faute», avance-t-on dans le document envoyé aux avocats du Lux Gouverneur.

D’ailleurs, l’avocat de la famille Duceppe a fait une énumération des démarches que la résidence aurait dû prendre le 20 janvier dernier.

«Le fonctionnement adéquat du détecteur de mouvements à l’intérieur de l’appartement de Mme Rowley, tel qu’il avait été présenté à celle-ci et à la famille lors de la signature du bail; l’inspection visuelle extérieure au moment où l’employé a réarmé la porte de la sortie d’urgence;  la vérification, par la réceptionniste, des images des caméras de surveillance situées devant elle au moment de commencer son quart de travail à 8h40, après la fin de l’évacuation; l’identification de Mme Rowley comme ayant des besoins particuliers; le décompte et les suivis nécessaires afin que veiller à ce que les résidents des tours 1 et 3 aient bel et bien été dans leur appartement (un décompte semble avoir été réalisé dans la tour 2); l’installation d’un interphone ou d’une sonnette aux portes des sorties d’urgence; l’inspection visuelle extérieure des six sorties de secours; des représentations véridiques aux services d’incendie, plutôt que de leur affirmer, à tort, qu’un décompte des résidents avait été fait alors qu’aucun décompte n’avait été réalisé.»

Mme Rowley Hotte avait quitté son logement de cette résidence multiservice pour personnes âgées à cause du déclenchement d’une alarme d’incendie vers 4h15 dans la nuit de samedi à dimanche. La dame de 93 ans a été retrouvée sans vie le 20 janvier dernier après avoir passé plusieurs heures dehors en pleine tempête.

La famille Duceppe via leur avocat donne maintenant dix jours au Lux Gouverneur pour répliquer à cette mise en demeure, sinon ça va se traduire par une poursuite.

 

 

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