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Soupçonnés de harcèlement et de menaces de mort: trois membres d'une famille recouvrent leur liberté à Granby

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

À Granby, les deux jeunes frères de 18 et de 20 ans et leur mère de 39 ans qui sont accusés de harcèlement et de menaces de mort pourront recouvrer leur liberté en attendant la suite des procédures judiciaires.

Les trois membres de cette famille syrienne, qui ont obtenu le statut de résidents permanents canadien en 2016, étaient détenus depuis leur arrestation le 25 juin dernier relativement à des gestes présumés commis à l'endroit d'un jeune homme de leur communauté.

C'est le juge Serge Champoux qui a décidé de les remettre en liberté mercredi après-midi malgré le sérieux des accusations.

Les trois accusés sont soupçonnés d'avoir posé des gestes pouvant s'apparenter à un crime d'honneur après que l'unique fille de la famille eût eu une relation sexuelle avec le plaignant.

La mère et ses deux fils auraient proféré des menaces envers l'individu qui est aussi d'origine syrienne, afin qu'il marie la jeune femme dans le but de laver la réputation de la famille et de rétablir son honneur.

L'enquête révèle que dans les propos tenus, il était question de sang qui allait couler, que la famille pouvait agir dans la terreur.

Le père, qui n'est pas accusé dans cette affaire, a admis dans son témoignage à la Cour que des mots durs ont peut-être été prononcés par sa conjointe ou l'un de ses fils, mais que pour sa famille, l'honneur est très important et qu'elle craint que sa fille soit reniée par le reste de la communauté syrienne.

«De pareilles convictions heurtent les valeurs courantes de notre société canadienne et québécoise selon moi. Le déshonneur ressenti et suspecté ne conclut pas nécessairement à la conclusion d'un crime», a mentionné le juge Serge Champoux de la Cour du Québec dans sa décision.

Les trois accusés n'ont pas d'antécédents judiciaires.

Selon le juge, un public bien informé comprendrait qu'avec des conditions strictes, les deux jeunes hommes et leur mère ne posent aucun risque pour la sécurité d'autrui, d'autant plus que la jeune femme demeure actuellement dans une ressource d'hébergement et qu'il leur est interdit d'avoir des contacts avec elle, le plaignant ainsi que la famille de ce dernier.

Les trois accusés reviendront devant le tribunal le 29 août.