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Des citoyens d'Outremont craignent de perdre le «meilleur» parc canin de Montréal

Elsa Iskander | Agence QMI

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

L’incertitude plane toujours sur l’avenir du seul parc canin de l'arrondissement d'Outremont, qui pourrait changer d’allure ou d’emplacement avec les travaux de construction du campus MIL de l’Université de Montréal.

Même si des élus assurent vouloir conserver un parc canin dans l’arrondissement, des propriétaires de chiens demeurent inquiets puisque les infrastructures risquent d’empiéter sur le parc de 8000 mètres carrés.

«Pour le raccordement sécuritaire de l'avenue Thérèse-Lavoie-Roux à l’ensemble du réseau routier, on a besoin d’utiliser l’emprise du parc», a indiqué Eric Alan Caldwell au conseil municipal en juin dernier. Il y a aura des espaces verts sur le campus, a souligné le responsable de l’urbanisme au comité exécutif, ajoutant qu’un «parc canin est un incontournable».

«On aura l’obligation de faire des aménagements de qualité dans le parc canin relocalisé», a-t-il aussi dit lorsqu'interpellé par Sophie Danis, membre de l’administration de l’Association du parc canin d’Outremont (APCO).

Une rencontre avec les citoyens devrait avoir lieu «dans les prochaines semaines», d'après Laurence Houde-Roy, attachée de presse du comité exécutif.

Les élus souhaitent «conserver un parc canin dans Outremont dans le même secteur», a commenté Joël Simard-Ménard, chef de cabinet du maire d'Outremont, Philipe Tomlinson.

Endroit pour socialiser

Deux pétitions plaidant pour le maintien du parc dans son intégralité ont amassé environ 2700 signatures à ce jour.

«L’APCO et les usagers désirent à tout prix conserver le parc intégral, a insisté Sophie Danis. De tous les parcs canins que j’ai vu à Montréal, c’est de loin le plus beau. C’est celui dont la ville devrait se faire une fierté.»

L’ancienne piste d’athlétisme asphaltée, qui permet de circuler aussi l’hiver, est bordée d’une cinquantaine d’arbres matures. «Un parc canin de 8000 mètres carrés, ce n’est pas un caprice, c’est une nécessité», a poursuivi Mme Danis, déplorant un «manque de volonté politique».

«On a des chiens malheureux en ville, parce qu’on les tient en laisse partout et ils ne peuvent jamais courir librement.» L’accès à un grand parc permet de diminuer leur agressivité, a-t-elle expliqué.

Au-delà d’un parc canin, c'est un lieu de socialisation, a fait valoir Mme Danis; un constat partagé par d’autres citoyens croisés au parc, comme Guy Herbert qui tient mordicus à le conserver tel quel. «On s’est solidarisé autour de la cause du parc», a-t-il dit.

«Je vois les gens ici tous les jours, c’est une communauté», a confirmé Hanna Sawaya. «J’ai fait beaucoup de rencontres [au parc canin]», a renchéri Michelle Jutras. «Je veux qu’on le garde comme il est», a insisté celle qui a sciemment acheté son condominium proche du parc avant d’avoir un chien.

«Actuellement, c’est le meilleur parc [canin] à Montréal. Il n’y a rien qui approche ça», a résumé Eric Kost.