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1000 pylônes fabriqués ici pour une ligne de 1,3 milliard de dollars

Francis Halin

 - Journal de Montreal

Photo Pierre-Paul Poulin

La très grande majorité des 1000 pylônes de la nouvelle ligne d’Hydro-Québec Saguenay–Lac-Saint-Jean-Montréal inaugurée hier matin ont été fabriqués au Québec, une bénédiction pour les PME de chez nous.

«On gagne notre vie à transporter de l’énergie pour le peuple québécois. Hydro-Québec, c’est l’or noir des Québécois», a partagé au Journal avec fierté Martin Chagnon, PDG de GLR, une PME de construction et d’entretien de lignes de L’Ancienne-Lorette, qui a obtenu plus de 30 millions de dollars de contrats grâce au projet Chamouchouane–Bout-de-l’Île.

À Québec, le directeur des opérations de Prometek, Jean-Sébastien Gagné, ne cachait pas lui non plus sa joie d’avoir pu participer au plus important projet de ligne à 735 kV de l’axe nord-sud depuis 25 ans dans la province.

«Ça a été un 60% de notre production entre 2016 et 2017. C’est une commande de plus de 10 millions de dollars», a-t-il indiqué, qualifiant la ligne Chamouchouane–Bout-de-l’Île de projet «le plus beau» de la dernière décennie.

«Ça donne du boulot à des sous-traitants en usinage, en boulonnerie, en galvanisation. Dans notre cas, c’est l’approvisionnement 100% québécois», a ajouté le cadre de Prometek, qui fait partie des fournisseurs d’ici comme Fabrimet de Drummondville, Locweld de Candiac, qui ont pu tirer leur épingle du jeu.

Plus de 84% de l’acier utilisé pour fabriquer la nouvelle ligne Chamouchouane–Bout-de-l’Île, soit 28 000 tonnes des 33 000 tonnes «proviennent de fournisseurs québécois», a indiqué au Journal hier la société d’État avec fierté.

«Si on le met en pylônes, environ une centaine probablement sur les 1000 sont venus de l’extérieur», a illustré son PDG Éric Martel en conférence de presse en parlant de la nouvelle ligne de 400 kilomètres.

«On va toujours privilégier les achats au Québec. On doit s’assurer aussi que nos fournisseurs demeurent compétitifs», a cependant précisé le dirigeant, en soulignant que le projet de 1,3 milliard de dollars a coûté entre 25 millions et 100 millions de dollars moins cher que prévu.

Retombées d’un milliard de dollars

Hier, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, qui participait aussi à l’inauguration, a salué «les retombées économiques importantes pour le Québec de 1,1 milliard de dollars en services spécialisés et en achats de biens et de matériaux» du projet.

Plus de 1250 personnes ont participé à la construction des pylônes depuis trois ans, a rappelé le ministre du gouvernement Legault avec fierté, un symbole fort pour son gouvernement qui dit vouloir miser sur l’hydroélectricité.

«Le projet permet de réduire les pertes électriques. C’est autant d’électricité en réalité qui n’est plus envoyée aux petits oiseaux et que l’on va pouvoir utiliser concrètement», a-t-il laissé tomber en conférence de presse, provoquant les rires dans la salle.

Le projet Chamouchouane-Bout-de-l’Île

- Coût : 1,3 milliards de dollars

- Conducteurs (câbles) : 5040 km

- Heures travaillées : 2,5 millions

- 1000 pylônes

- 33 000 tonnes d'acier utilisées

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