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«J’ai hâte de faire la coupure», dit Koriass

Cédric Bélanger | Le Journal de Québec

PHOTO BEN PELOSSE

Koriass donne rarement des entrevues. Mais quand il décide de répondre aux questions des journalistes, il dit les vraies affaires. La langue de bois, très peu pour le rappeur québécois

L’automne dernier, à la sortie de son dernier album, La nuit des longs couteaux, Emmanuel Dubois — son nom à la ville — n’avait pas tenté de cacher la période dépressive qui l’avait conduit jusqu’à l’aile psychiatrique de l’Institut universitaire en santé mentale Robert-Giffard.

Neuf mois plus tard, le rappeur de Québec joue tout aussi franc jeu quand on lui demande ce qu’il pense de son album, maintenant que la poussière est retombée.

« J’ai hâte de faire la coupure et d’embarquer sur un autre projet. J’ai hâte de sortir quelque chose de plus dosé. Cet album est très sombre et ce n’est pas comme ça que je me sens en ce moment », confie-t-il.

De là à renier les chansons de cet opus thérapeutique et ne pas les jouer en concert, il y a un pas que Koriass n’est pas prêt à franchir.

« On dose le spectacle avec les pièces des albums précédents. Ce n’est pas juste La nuit des longs couteaux. Cela dit, ce sont quand même des chansons qui sont plutôt le fun à faire en show. Quand on fait 5 à 7 et Éléphant, ça lève à chaque fois. »

Aussi bon que la pop

Koriass est dans le décor depuis maintenant plus de dix ans. En tant que vétéran, il est donc aux premières loges pour constater l’ascension du hip-hop dans le cœur des Québécois.

Il se retrouve d’ailleurs, avec Loud, parmi les vedettes d’une journée entièrement consacrée au rap québécois au Festival d’été.

« Tous les éléments ont fini par tomber à la bonne place. Les diffuseurs embarquent et les pisteurs ont réussi à faire entrer du rap à la radio à cause de sa qualité, qui rivalise avec la pop. Il y a des albums de méga qualité ici au Québec. Mais nous avons travaillé fort pour ouvrir des portes, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. »

La popularité du rap d’ici a atteint un sommet, le mois dernier, quand Loud a donné deux concerts qui ont attiré plus de 16 000 personnes au Centre Bell de Montréal.

« C’est le fun de voir qu’il n’y a pas juste Marie-Mai qui peut closer le Centre Bell. La prochaine étape sera de jouer devant 100 000 personnes sur les plaines d’Abraham. Ou encore de lancer mon prochain album au Centre Vidéotron. »

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