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L’ex-DG de la Ville de Longueuil débouté par la Cour supérieure

Christopher Nardi

 - Agence QMI

ARCHIVES/JOURNAL DE MONTRÉAL

Débouté par la Cour supérieure, l’ex-directeur général de la Ville de Longueuil Guido (Guy) Benedetti devra faire face aux accusations, par son ordre professionnel, d’avoir non seulement toléré, mais carrément participé à la collusion à Longueuil.

M. Benedetti s’était tourné vers la Cour supérieure pour faire tomber les deux chefs d’accusation de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) déposés contre lui au début de 2019. Selon la plainte, M. Benedetti «a manqué d’intégrité [...] en participant à plusieurs reprises à un système permettant de contourner le processus d’appels d’offres» alors qu’il était DG de Longueuil, entre 2005 et 2012.

Dans le but de faire tomber ces accusations, M. Benedetti a déposé trois demandes au conseil de discipline de l’OIQ: l’arrêt des procédures pour délai déraisonnable dans son dossier, rejet de la plainte, car elle était trop imprécise, et une demande de précision.

Lorsque le conseil a refusé sa demande, M. Benedetti s’est tourné vers la Cour supérieure l’an dernier, qui a fait de même dans une décision datée du 20 juin dernier.

«Dans la présente affaire, aucune des trois décisions faisant l’objet du pourvoi en contrôle judiciaire ne permet de conclure [...] que l’on soit en présence d’un "mal fondé évident et incontestable de droit"», écrit le juge Bernard Synnott.

Guido Benedetti devra donc faire face à la musique devant son ordre professionnel. Il a déjà plaidé non coupable aux chefs d’accusation.

Premier accusé à Longueuil

Rappelons que c’est le premier dossier dans lequel le syndic de l’OIQ accuse un haut fonctionnaire de la cinquième ville en importance du Québec d’avoir participé à la collusion qui a régné dans les contrats de génie pendant près d’une décennie.

Selon le témoignage de l’ancien directeur du génie de Longueuil, Christian Fallu, M. Benedetti lui avait demandé de s’assurer que CIMA+ reçoive un certain contrat en 2009.

Tout cela s’est fait dans le cadre d’un système de collusion qui a permis à cinq firmes d’ingénierie de rafler la quasi-totalité des contrats à Longueuil de 2002 à 2009 grâce à la complicité de certains fonctionnaires et de deux organisateurs politiques, selon l’enquête du syndic de l’OIQ.