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«Stuber», drôle et sans prétention

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Même si Dave Bautista ne possède pas le charisme de Dwayne Johnson, il s’en tire honorablement dans la comédie «Stuber» signée par le réalisateur montréalais Michael Dowse.

Le titre donne une indication claire – oui, on y cause d’Uber – du sujet de cette «buddy comedy», film drôle mettant en scène deux hommes qui deviendront amis lors des épreuves (toutes relatives) qu’ils traverseront ensemble.

À Los Angeles, Vic (Dave Bautista), un policier, et sa partenaire Morris (Karen Gillan), sont à la poursuite – les scènes sont sympathiquement violentes et remplies d’action – de Teijo (Iko Uwais, vu dans l’excellent «The Raid Redemption»), un dangereux criminel. Mais Morris est tuée et Vic jure de la venger.

Six mois plus tard, Vic se fait opérer des yeux afin de recouvrer une vision parfaite. Après l’opération, il fait appel à un chauffeur de l’application bien connue Uber. Il tombe sur Stu (Kumail Nanjiani), employé dans un magasin d’équipement sportif. Gentil, prévenant, amoureux silencieux de Becca (Betty Gilpin), Stu ne vit que pour les étoiles décernées par ses clients et s’assure d’offrir un service impeccable.

Évidemment, en appariant deux êtres aussi dissemblables et en les plongeant dans des situations rocambolesques, les occasions de comédie ne manquent pas. Car le scénario de Tripper Clancy place Vic et Stu dans des situations absurdes et des lieux divers, qu’il s’agisse d’un club de danseurs, d’une clinique vétérinaire ou encore d’une usine de fabrication de sauce piquante. Les dialogues mettent en valeur l’humour parfois pince-sans-rire de Kumail Nanjiani et l’on imagine bien que l’humoriste a collaboré à certains d’entre eux (le moment où il est question de Ryan Gosling est fort bien vu).

La réalisation de Michael Dowse («Goon: dur à cuire», mais également les délirants «FUBAR» et «FUBAR 2») ajoute une dimension supplémentaire à ce qui aurait pu n’être qu’une version dérivée de «48 heures». En ajoutant des scènes d’action efficaces et ne rechignant pas devant des moments violents, le cinéaste de chez nous se distingue de ses collègues américains en offrant un divertissement plus «adulte».

Si «Stuber» ne réinvente pas le genre – il n’a d’ailleurs pas la prétention de le faire –, on apprécie la chimie indéniable entre Dave Bautista et Kumail Nanjiani. La finale laisse la porte ouverte à une suite si les revenus sont au rendez-vous. Les amateurs du genre s’amuseront pendant 105 minutes, juste le temps de se rafraîchir dans une salle climatisée.

Note: 3 sur 5