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Bruno Pelletier: travailler dans le plaisir

Daniel Daignault

 - Agence QMI

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

C’est au studio d’enregistrement Tangerine, situé dans l’est de Montréal, que nous avons rencontré Bruno Pelletier avant une séance d’enregistrement de son nouvel album. Très relax et en grande forme, le chanteur s’est laissé aller à des confidences fort intéressantes sur sa passion du métier, qui ne s’atténue pas.

Bruno, ça fait plusieurs années que tu roules ta bosse comme chanteur. As-tu déjà eu envie de tout arrêter?

J’ai pris une sabbatique dans ma vie, au début des années 2000. Ç’a été une pause un peu forcée, parce que je venais de finir «Notre- Dame de Paris» et que j’avais la voix fatiguée. Là, ça doit faire cinq ans que je me dis que j’aimerais prendre une autre sabbatique, mais il y a toujours des trucs intéressants qui se présentent. Je ne force pas les choses: les projets arrivent de façon naturelle et se font dans le plaisir.

Avoir du plaisir est-il un élément-clé pour toi?

Oui. Il arrive un moment dans la vie où on n’a plus le goût d’être dans la confrontation et de se battre pour imposer nos idées. On a juste envie d’avoir du plaisir avec des gens qui s’amusent autant que nous. Les gens avec qui je travaille sont des personnes que je côtoie depuis longtemps; on s’entend bien et, quand on entame un projet, on travaille fort et on ne perd pas de temps avec des crises d’ego. Cela dit, comme dans tous les métiers, il y a des trucs avec lesquels il peut parfois être plus difficile de composer.

Parles-tu des médias?

Oui. Je fais un métier public, alors, même si je suis un homme discret, je suis parfois obligé d’être plus expansif. Ça fait partie des choses qui ne sont pas naturelles pour moi. Depuis le début de ma carrière, je vis une espèce de combat intérieur par rapport à ça. Pour que les gens nous voient, il faut accepter de sortir et d’accorder des entrevues.

Tu travailles actuellement sur un album symphonique avec Guy Tourville. C’est ton troisième dans le genre, n’est-ce pas?

Exact! J’ai collaboré à plusieurs reprises avec l’Orchestre symphonique de Longueuil et, à un moment donné, Marc David, le chef de l’orchestre, m’a proposé qu’on fasse un projet ensemble. Ça faisait longtemps que je désirais enregistrer des chansons que j’aime, écrites par des artistes qui ont marqué mon parcours avant que je commence à faire des disques, et pas nécessairement leurs plus gros «hits». J’ai donc choisi 14 pièces de 14 artistes différents, dont Jean-Pierre Ferland, Boule Noire, Michel Pagliaro, Diane Dufresne et Gerry Boulet. Je reprends les chansons à ma façon, comme je l’ai fait avec «La Manic» ou «Miserere», entre autres. Ce n’est pas un album de chansons originales, mais quand on les écoute, on est ailleurs.

Vas-tu présenter des spectacles avec l’Orchestre symphonique de Longueuil?

On travaille là-dessus. On sera
 21 personnes sur scène, alors on essaie de trouver des salles qui peuvent nous convenir. Je trouve que c’est un spectacle qui mérite d’être entendu par mon public et par le public québécois en général, étant donné le matériel qu’on va présenter. C’est à suivre!


Tu as toujours eu de saines habitudes de vie afin d’être en forme pour présenter tes spectacles. Est-ce que ça s’est accentué avec l’âge?

Je fais tellement attention! L’entraînement, l’alimentation, mon hygiène de vie en général... Je surveille tout ça de près, et c’est d’autant plus vrai maintenant. J’ai aussi diminué le nombre de spectacles que je fais chaque semaine, pour continuer d’offrir des «shows» de qualité et éviter de me brûler. Je fais tout pour demeurer pertinent et respectueux auprès du public. Aller voir des spectacles, ça coûte cher, et les gens ont tellement de possibilités que, lorsqu’ils prennent la peine d’acheter des billets pour venir me voir, j’en suis très reconnaissant. D’ailleurs, je les remercie de leur présence lors de chaque spectacle.

Tu as éprouvé des problèmes de voix à un certain moment, n’est-ce pas?

Oui, en 2017. J’ai dû prendre des pauses, car j’ai eu deux laryngites aiguës, cette année-là. J’ai réussi à faire mes spectacles, mais ç’a été très difficile. Là, ça va vraiment bien depuis deux ans, et je fais très attention, alors je croise les doigts. Je suis quand même privilégié ; je travaille avec des gens de talent et j’offre de la qualité, ce qui fait qu’au fil des ans, le téléphone a continué de sonner et que j’ai toujours travaillé.

Il s’en est passé des choses depuis tes débuts!


J’ai commencé à l’âge de 19 ou 20 ans. Je chantais dans un bar dans le nord de Québec qui s’appelait Le bar du nord! J’ai fait deux soirs là-bas, et je raconte souvent à la blague qu’on est sortis de là avec 50 $ dans nos poches, alors qu’on avait un «running bill» de 75 $! On «tripait» tellement!

On sait que tu as beaucoup d’admirateurs en Russie. Y retournes-tu à l’occasion?

J’y suis allé ce printemps. J’ai présenté un spectacle devant 
environ 1200 personnes. La salle était pleine. Je vais y retourner en janvier, car on souhaite que je présente mon spectacle de quatuor de Noël. Je vais probablement chanter à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Il y a aussi l’Asie qui s’intéresse à ce que je fais. On voudrait que j’y aille, mais moi, je ne suis plus en développement de carrière. Je suis en train d’analyser si c’est quelque chose que j’ai envie de faire.

Je ne veux pas te vieillir, mais tu auras 60 ans dans trois ans...


Ne me parle pas de ça! C’est comme si je n’y croyais pas! Personne n’aime vieillir, même si on y pense. Depuis que j’ai eu 50 ans, je dis que je n’ai pas l’âge que j’ai. (rires) C’est vraiment un état psychologique pour moi. Je me sens bien et je suis en santé, et tant qu’on a la santé...

Que fais-tu pour garder la forme?

Je fais beaucoup de sport, entre autres de la boxe, du kickboxing. Les arts martiaux, c’est mon autre passion en dehors de la musique. Avant de faire carrière dans la chanson, j’avais une école de karaté de 125 élèves, et ça allait bien.

Tu l’as dit, tu n’aimes pas parler de 
toi. Alors, si je te demande si tu as quelqu’un dans ta vie...
(Rires)

Je ne cache pas que j’ai une vie, mais je ne l’expose pas. Le seul aspect de ma vie personnelle que j’expose, c’est ma chienne. Elle est plus populaire que moi sur Instagram! Et elle me tient en forme: je la promène quatre fois par jour.

Tu l’as depuis combien de temps?

C’est une Labrador de sept ans. Je l’ai adoptée après avoir participé à «Entrée principale», avec André Robitaille. La recherchiste de l’émission m’avait demandé si j’avais une passion, et j’avais répondu que j’adorerais rencontrer un maître-chien. Il est arrivé à l’émission avec Gaia, qui avait 14 mois à ce moment-là, et déjà, on voyait que c’était une chienne fabuleuse. J’ai tout de suite demandé au maître-chien s’il cherchait une famille pour Gaia, et je ne regrette pas ma décision. Elle ne jappe pas, elle ne brise rien, elle écoute... Je suis tombé sur une bonne bête. Et puis, il y a quelque chose qui me plaît dans l’idée d’adopter un animal et de lui donner la chance de grandir dans un milieu sain.

Changement de sujet: tu dois être fier de ton fils, qui fait aussi de la musique...

Mon garçon a maintenant 28 ans; il a un projet d’album métal, et je peux juste dire que c’est vraiment très bon. Il est excellent ; il écrit, fait les arrangements et réalise l’album. Il m’a fait écouter des trucs, et j’ai été hyper impressionné. Il est dans un autre univers, mais on parle beaucoup de musique ensemble. En fait, j’ai beaucoup d’admiration pour ce qu’il fait, et je lui dis toujours d’aller au bout de son rêve et de son projet. Après, il verra bien ce qui arrivera!

L’album «Sous influences» paraîtra en septembre. Pour suivre les activités du chanteur et connaître ses dates de spectacle: brunopelletier.com.