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Caroline Dhavernas: à l’écoute des jeunes femmes en détresse

Steve Martin

 - Agence QMI

Aux prises avec des problématiques de violence, d’itinérance ou de toxicomanie, certaines jeunes femmes peuvent éprouver le besoin d’avoir un refuge, pendant un moment. Passages leur vient en aide en leur offrant une pause, le temps de se remettre sur pied. Émue par leurs histoires, Caroline Dhavernas est devenue, il y a quelques années, porte-parole de cet organisme.

Caroline, vous avez sûrement reçu plusieurs propositions pour devenir porte-parole d’une cause. Qu’est-ce qui vous a interpellée particulièrement quand on vous a parlé de Passages?

Premièrement, cela fait 30 ans que cet organisme soutient les femmes de 18 à 30 ans, mais il est vraiment méconnu de la population. Moi-même, je ne connaissais pas le travail de ces gens avant qu’ils ne me contactent. J’ai découvert des êtres humains exceptionnels qui s’occupent des jeunes femmes en utilisant une approche souple et sans jugement. Je pense vraiment que c’est la clé pour aider celles qui y viennent.

Quelles sont les problématiques auxquelles elles font face?

L’isolement, la violence, la santé mentale, la toxicomanie. Il y a aussi de plus en plus de femmes qui ont des difficultés liées à l’immigration.

C’est un volet sur lequel on
a d’ailleurs mis l’accent au cours des dernières années, n’est-ce pas?

Oui. Elles arrivent parfois avec très peu de moyens et à l’occasion, il peut y avoir un choc de valeurs entre elles et leurs parents, qui sont arrivés au pays. Elles apprennent à connaître un tout nouvel endroit.

De quelle manière les intervenants viennent-ils en aide à ces filles?

Il y a trois principaux volets. D’abord, en leur offrant l’hébergement pour quelques jours, quelques semaines parfois. Ça leur permet d’avoir une pause dans leur vie, qui est parfois très mouvementée. Puis, il y a le volet logement. Les intervenantes sont là pour, entre autres, les aider à structurer leurs finances et, dans certains cas, leur permettre de retourner en appartement
si c’est ce qu’elles désirent.


Et le troisième?

L’organisme donne des ateliers d’art visuel, de danse, de théâtre pour qu’elles puissent s’exprimer différemment. C’est une approche que je trouve magnifique et complète. Ça fait plusieurs années que je suis porte-parole et j’ai eu l’occasion de rencontrer des femmes qui m’ont parlé de leur histoire, qui m’ont fait confiance. On a fait un «talent show», il y a environ un an; c’était vraiment beau de voir les textes écrits par certaines d’entre elles, la danse...

Ces ateliers leur permettent de prendre de la distance face à leur vécu...


Quand on laisse l’inconscient s’exprimer, ça nous permet d’apprendre des choses à propos de nous-mêmes et de réaliser qu’on peut faire quelque chose de nouveau. Que ce soit le jeu, la danse ou la peinture, ça aide à nous faire sentir qu’on reprend un peu le pouvoir.

Le nom de l’organisme est bien choisi. Qu’est-ce qui fait qu’un «passage» est réussi?

Justement, on n’axe pas les choses sur la réussite. C’est un lieu où les femmes ne seront pas poussées à «guérir», entre guillemets, ou à aller mieux. C’est vraiment une pause qu’on leur propose, et si elles ont envie de regarder la télévision pendant une couple d’heures juste pour être au chaud et avoir un repas gratuit, c’est correct. Si elles veulent parler à des intervenantes pour changer quelque chose dans leur vie, elles peuvent aussi le faire. C’est ouvert!

Pour vous renseigner ou faire un don, allez à maisonpassages.com. Si vous avez besoin de l’aide de l’organisme, vous pouvez contacter le 514 875-8119.