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«J’aime ça, vieillir!» - Katherine Levac

Samuel Pradier | Agence QMI

Chantal Poirier / JdeM

Alors qu’elle entame le dernier segment de la tournée de son spectacle «Velours», Katherine Levac animera une Soirée Carte Blanche, le 16 juillet prochain, dans le cadre du Festival Juste pour rire. L’humoriste, qui vient de célébrer ses 30 ans, s’apprête aussi à effectuer un virage dans
 sa carrière, avec la volonté de privilégier son talent de comédienne.

Katherine, est-ce un rêve pour tous les humoristes d’animer à Juste pour rire?

Je n’ai jamais eu l’animation dans la peau. C’est même la première fois que j’anime quelque chose de ma vie. Quand on me l’a demandé, j’avoue que je n’avais jamais pensé à ça. Mais je me suis dit que si Juste pour rire me faisait confiance, je devrais aussi avoir confiance en moi.

Comment te prépares-tu pour une grosse soirée comme celle-là?

Je me suis bien entourée. J’ai demandé aux gens que j’aime le plus, que je trouve bons et brillants, de venir sur mon spectacle. Dans les années passées, il n’y avait pas une si grande place pour la relève dans ce genre de soirées. Cette année, j’ai l’impression que c’est l’inverse. Ce sont des «cartes blanches», dans le sens où Juste pour rire nous a vraiment demandé de choisir nous-mêmes les gens qu’on voulait inviter. Il fallait donc bien s’entourer avant tout, car j’ai juste envie de mettre la table le mieux possible pour que mes invités puissent tous briller.

As-tu écrit beaucoup de nouveau matériel pour ce gala?

Il n’y aura rien de «réchauffé». C’est un gala qui va être un peu scolaire; je veux qu’on valorise l’humour, mais qu’on valorise aussi beaucoup d’autres choses. C’est agréable d’accueillir des humoristes qui ont une grande liberté. C’est un gros luxe pour chacun d’entre nous, c’est inespéré comme énergie, et je pense que tout le monde va en profiter.


Tu viens de passer le cap des 30 ans (le 11 juillet, NDLR). Comment gères-tu ça?

J'ai tellement la tête ailleurs en ce moment que le fait d’avoir 30 ans ne représente pas grand-chose pour moi. Il n’y a pas de remise en question ou de crise, c’est même plutôt le contraire. J’aime ça, grandir et vieillir. Chaque année, j’ai l’impression d’évoluer et de m’améliorer. Je n’ai aucun problème avec le fait de vieillir. Peut-être qu’à 75 ans, ce sera autre chose, mais pour le moment, tout va bien.

Le reste de ton été va être exclusivement occupé par des supplémentaires de ton spectacle en tournée. As-tu hâte de finir?

J’ai toujours beaucoup de plaisir, notamment parce que ce sont des gens qui ne l’ont pas encore vu qui
se déplacent. Même si ce sont les mêmes thématiques depuis le début, les gens sont toujours nouveaux. J’aime beaucoup ça. En même temps, mon spectacle n’est pas figé dans le temps, il évolue bien. Le contenu n’est pas le même si je le fais en Gaspésie, à Montréal ou en Ontario, parce que je change des références et des petites choses pour que ce soit collé à la réalité des gens.

Commences-tu à penser à ce que tu feras après la fin de la tournée?

Je commence à y penser. Je suis dans une période d’écriture passive, c’est-à-dire que j’écris sans régularité et sans pression. J’ai beaucoup d’idées. À cause de la tournée, j’avais mis 
en veille tous les projets à la télévision, hormis une petite présence dans «Like-moi!». Quand ça sera fini, j’aurai la possibilité d’accepter beaucoup plus de choses. Depuis deux ans, je ne fais que de la tournée et de la scène. Je
ne peux pas accepter un tournage 
qui va me demander d’être présente plus de 10 jours d’affilée. Dans les prochains mois, je vais donc avoir une plus grande liberté pour accepter des projets et me permettre de faire des choses que je n’ai jamais faites. Au début de ma carrière, je voulais faire comprendre aux gens que j’étais une humoriste et que je suis drôle pour qu’ils achètent des billets pour mon spectacle. Maintenant, ils ont compris, je pourrais donc faire d’autres affaires.

On t’a connue comme comédienne. Comptes-tu exploiter davantage ce côté-là?

Les gens m’ont découverte comme comédienne. On m’offrait aussi des rôles plus dramatiques, mais je les refusais, car je voulais vraiment me concentrer sur l’humour. Maintenant, je me sens plus ouverte à participer à des projets plus diversifiés. Je suis plus en confiance. Je n’ai pas fait d’école de théâtre, je me disais donc que je n’étais pas une actrice. Mais, aujourd’hui, j’ai confiance en moi et je sais ce que je suis capable de faire. Je pense que c’est normal en vieillissant. Je suis même prête à jouer un rôle dramatique.

Les Soirées Carte Blanche — Levac et ses invités, le 16 juillet, à 20 h, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Pour informations : hahaha.com. Pour en savoir plus sur sa tournée «Velours», consultez : katherinelevac.com. La quatrième saison de «Like-moi!» est présentée en primeur sur Club illico, puis sera diffusée à l’automne, à Télé-Québec.