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Écrasement d'hydravion: un nuage aurait aveuglé le pilote

Jonathan Tremblay | Le Journal de Montréal

L’écrasement d’hydravion qui a coûté la vie à trois amateurs de pêche vendredi à environ 100 kilomètres au sud de Chibougamau aurait été causé par la densité des nuages.

Claude Laplante, 77 ans, Jacques Bissonnette, 69 ans, et leur pilote James Duggan, 67 ans, ont perdu la vie de manière tragique, aux alentours de 16 h 30, près du lac Boulène.

Mark D. Goldman, 72 ans, qui faisait aussi partie de l’équipage, est le seul à être sorti vivant du petit Beaver DHC-2 blanc, aux rayures rouges et orangées.

Des parachutistes des Forces armées canadiennes ont été lancés du ciel vers 20 h 30 pour atteindre la carcasse de l’appareil après avoir reçu un signal d’une balise de détresse. L’endroit est inaccessible par voie terrestre.

« Quand les sauveteurs sont arrivés, Mark ramassait apparemment des branches pour se faire un feu. Il s’en est sorti miraculeusement, on ne sait trop comment », a confié, dimanche, le maire de la petite municipalité de La Minerve, Jean-Pierre Monette.

Ce dernier était toujours ébranlé par la perte de son collègue, M. Bissonnette, qui siégeait à titre de conseiller, tout comme M. Goldman.

 

Sur la carte, on voit l’itinéraire, point par point, que le pilote James Duggan faisait parvenir automatiquement à son bon ami Gilles Lapierre jusqu’à l’écrasement de l’hydravion.

Un nuage fatal

Selon ce que le maire de La Minerve a appris des proches du survivant, l’hydravion volait à basse altitude en raison de mauvaises conditions.

« Quand le Beaver est sorti du nuage, trop bas, il serait entré en contact avec la cime des arbres », a-t-il révélé.

Les quatre amis avaient pris leur envol à Saint-Mathias-sur-Richelieu en avant-midi, pour un voyage de pêche au lac Wakewatin, dans le nord.

« Jacques était fébrile pour son voyage. Ils devaient décoller deux ou trois jours avant, mais la température ne le permettait pas », a poursuivi M. Monette.

M. Duggan, un avocat émérite de Pierrefonds, était aux commandes de son propre appareil amphibie.

« C’était l’un des meilleurs pilotes que je connais. Un être exceptionnel », a vanté l’un de ses bons amis, l’avocat Christian Leblanc. « Il était une inspiration pour ses collègues et avait une éthique impressionnante. »

Monsieur bénévolat

M. Bissonnette, pour sa part, jouait souvent de la musique avec Mark D. Goldman et donait beaucoup de son temps.

« [Jacques] c’était Monsieur Bénévolat dans notre coin. Il était toujours jovial. Ça va laisser un grand trou », a souligné le conseiller municipal Marc Perras.

Tous connaissaient bien Claude Laplante, fondateur de l’association Aviateurs Québec, qui tenait résidence au lac Désert, près de La Minerve, tout comme M. Goldman.

La communauté tissée serrée de l’aviation du Québec est ébranlée par cet événement, ainsi que par la disparition de l’hélicoptère de deux passagers, le 10 juillet.

« Je reçois beaucoup d’appels. J’étais moi-même impliqué dans les recherches pour retrouver l’hélicoptère quand on m’a appris leur décès. C’est une journée émotive », a soufflé au Journal l’ex-président de l’association Aviateurs Québec, Gilles Lapierre, qui était un bon ami des deux défunts pilotes.

La rapidité des secours a impressionné

Les secours sont intervenus en quatre heures afin de prêter main-forte au seul survivant de l’équipage du Beaver DHC-2 qui venait de s’écraser vendredi au sud de Chibougamau.

« Il faut lever notre chapeau aux équipes de secours. C’est là qu’on voit que c’est très important de trouver les carcasses d’écrasements entre 24 et 48 heures. Ça prend d’excellents parachutistes et une position claire », souligne Jean Lapointe, expert en aviation.

« On voit que ç’a été bénéfique, avec cet homme qui a survécu, poursuit-il. Heureusement que la balise d’urgence s’est déclenchée. »

Déjà en service

Alors que les quatre hommes survolaient le Québec pour se rendre au lac Wakewatin, les Forces armées canadiennes scrutaient déjà les Laurentides.

Un avion Hercules et un hélicoptère Griffon étaient à la recherche de l’hélicoptère disparu depuis le 10 juillet, dans lequel se trouvaient Stéphane Roy, propriétaire de Sagami-Savoura, ainsi que son fils.

Ils ont été alertés par la balise d’urgence de l’appareil écrasé.

« C’est un rappel de vérifier souvent si la balise d’urgence est fonctionnelle avant l’envol », ajoute M. Lapointe, énumérant aussi la nourriture sèche, la trousse de premiers soins et un extincteur, qui sont nécessaires au vol.

Gilles Lapierre, qui recevait le positionnement de l’hydravion de son ami régulièrement par courriel, assure que le pilote était d’une grande prudence.

« Il ne prenait jamais de risque. Ça doit être à cause de la météo très changeante », dit-il, s’expliquant mal la raison de l’écrasement.

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